Jean-François Hénin se montre critique envers la Bourse de Paris
EXCLUSIF.
Le "Mozart de la Finance" estime que la place parisienne n'est pas favorable à son secteur. L'avenir de Maurel & Prom passera probablement par un rapprochement avec un homologue.
C'est un très mauvais signal pour la Bourse de Paris qu'a envoyé, jeudi matin, l'un des financiers les plus aguerris de la place hexagonale, Jean-François Hénin. Le patron de la junior pétrolière, Maurel & Prom, a effectivement profité de son assemblée générale annuelle pour faire part de son inquiétude vis-à-vis d'une série de dysfonctionnements. Les marchés financiers, selon lui, ne sont plus suffisamment efficaces pour porter les projets d'entreprises telles que la sienne. Et face à la frilosité parallèle des banquiers, il n'a pas caché ses inquiétudes : "Le marché bancaire n'est pas assez liquide et compromet la croissance de l'entreprise sans l'intervention d'une tierce société", a-t-il ainsi martelé devant ses actionnaires. Son groupe est effectivement très gros consommateur de capitaux et sans un accès privilégié au capital, il ne peut élaborer aucune stratégie d'expansion convenable.
Celui que l'on surnomme "le Mozart de la finance" se montre même très critique envers la place parisienne et évoque une possible sortie de son groupe, "la cotation à Paris n'étant plus idéale pour une société de notre secteur". Pense-t-il se rabattre sur la place londonienne, capitale boursière de tous les groupes miniers et de ressources naturelles ? Jean-François Hénin n'est pas entré dans le détail.
Le parcours du titre Maurel & Prom n'est certes pas très flatteur depuis cinq ans (il affiche un repli de 25%) et la liquidité n'est pas non plus au rendez-vous. On comprend donc aisément que l'ancien patron d'Altus Finance ait envie de se tourner vers des marchés plus efficients vis-à-vis de son secteur. A moins qu'il ne se fasse croquer par un homologue. La faible valorisation du groupe ne milite pourtant pas pour une telle opération. Jean-François Hénin n'est pas homme à brader ses actifs, même si l'actualité ne lui est pas toujours favorable. Il doit actuellement se battre pour démentir des rumeurs de nationalisation de ses activités au Gabon, activités qui représentent 96% de son chiffre d'affaires. Avec une capitalisation boursière de 1,4 milliard d'euros, Maurel & Prom peine à passer à la vitesse supérieure. Vu le contexte actuel, il aura du mal à rester seul très longtemps.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi
17/09/2021 - 10:31

