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exclusif Les pays émergents, eldorado ou menace systémique?

EXCLUSIF. Malgré une croissance estimée à 5,1% en 2013, les émergents sont confrontés à de nouveaux risques, selon la Coface. La croissance excessive des prêts bancaires est la principale menace en Asie.
Après avoir traversé de nombreuses crises financières par le passé, les pays émergents qui affichent depuis plusieurs années de forts taux de croissance semblent -contrairement au Vieux Continent- à l'abri des turbulences. Mais un rapport de la Coface vient jeter le trouble et avertir sur la naissance de nouveaux risques. Les nouvelles estimations de la Coface traduisent de façon très claire les terreuax de croissance: le PIB de la France comme de la zone euro devrait se contracter de 0,4% cette année, tandis que les pays émergents pourraient voir leur économie croître de 5,1%, selon les prévisions de l'assureur-crédit. De bonnes performances qui ne doivent pas faire oublier le triple risque qui pèse désormais sur leurs épaules. L'instabilité politique, le protectionnisme rampant et une croissance trop importante des crédits sont autant de nouvelles menaces qui pourraient entraver leur développement futur. Car la nature du risque a profondément changé dans les économies émergentes. Les risques pays traditionnels -comme le risque souverain et la vulnérabilité externe- ont été transférés vers le Vieux Continent. Les récentes crises grecque et chypriote en sont les parfaites illustrations. Ces changements s'expliquent par la réorientation politique engagée à la suite de l'effondrement de Lehman Brothers en 2008. A partir de cette date, "les pays émergents ont mis en place une série de contrôles des capitaux sans précédent pour pallier les chocs subis sur les balances des paiements de leurs économies", précise le rapport de la Coface. Ces mesures protectionnistes ont engendré une sortie de capitaux record de 121 milliards de dollars en 2008. Les mesures de restriction commerciale pourraient désormais peser sur "les entreprises européennes qui cherchent des débouchés dynamique à l'heure où leurs demandes internes restent déprimées", précise l'assureur-crédit. Dans les faits, cela implique des délais de paiement pour les importateurs, mais aussi davantage de barrières à l'entrée pour accéder aux marchés. La Russie, l'Argentine et -dans une moindre mesure- l'Inde sont de loin les pays les plus protectionnistes. La Coface s'inquiète aussi et surtout de l'émergence possible de "bulle de crédit" en Asie, en raison d'une croissance excessive de prêts bancaires au secteur privé. A moyen terme, cela pourrait causer un vrai risque systémique pour ces économies, et notamment principalement pour la Chine.
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