Top 10 des plus importantes participations cotées de l'Etat
1/EDF : 21,7 milliards d’euros
L’énergéticien constitue, et de loin, la plus importante participation de l’APE. Il faut dire qu’elle en détient 83,4%. Cette valorisation s’inscrit toutefois en net retrait par rapport à 2007, lorsqu’EDF valait plus de 76 euros (9 euros aujourd’hui) et que sa capitalisation boursière caracolait aux alentours de 100 milliards d’euros (26 milliards au 4 septembre 2017) en la plaçant en tête des entreprises du CAC 40. Aujourd’hui, le groupe est confronté à une lourde restructuration du secteur énergétique français mais aussi européen, se trouve embarqué dans un vaste mécano orchestré par l’Etat et n’offre pas beaucoup de visibilité financière. Il est donc très peu probable qu’une opération de cession de titres intervienne sur cette société.
2/Engie : 8,24 milliards
Cette valorisation prend en compte la dernière opération de cession abaissant la participation de l’Etat à 24,1% du capital. Vu le poids de l’entreprise dirigée par Isabelle Kocher, on comprend mieux pourquoi elle est souvent sollicitée. Comme le gouvernement veut tout à la fois récupérer du cash sans perdre trop d’influence au sein de ses participations, il est plus aisé de choisir des entités chèrement valorisées permettant la cession de « petits » blocs. Grâce à la loi Florange et son mécanisme de droits de vote double, le poids de la manne publique est, en outre, relativement préservé même en cas de descente en deçà de la minorité de blocage.
3/ADP : 7,43 milliards
Aéroports de Paris dirigé par l’ancien homme fort de la Caisse des Dépôts, Augustin de Romanet devrait, si l’on en croit les nombreux commentaires à ce sujet, faire partie de la prochaine fournée de cessions/privatisations. L’Etat doit quand même, avant cela, amender la loi actuelle ne lui permettant pas de perdre le contrôle de cette entité. De nombreux candidats piaffent déjà d’impatience et ont fait des offres. Reste à savoir quelle part sera mise aux enchères et qui sera le ou les heureux élus. Vinci fait partie des noms plus cités.
4/Airbus : 6,1 milliards
Le constructeur aéronautique est effectivement bien valorisé en Bourse. Il est pourtant inenvisageable que l’Etat taille dans sa participation, son poids étant le résultat d’un savant partage avec ses homologues européens. L’APE n’a, de toute façon, pas à se plaindre de cette entreprise au parcours boursier très flatteur. Sur 5 ans, elle gagne près de 137%, le groupe aéronautique surfant sur un marché particulièrement dynamique ces dernières années et des niveaux de commandes chaque année plus étoffés.
5/Thales : 5,12 milliards
L’Etat en possède encore 25,97%. Le spécialiste des d'équipements et des systèmes électroniques destinés aux secteurs de l'aérospatial, du transport et de la défense affiche des performances boursières de très belle facture (avec notamment une hausse de 244% sur 5 ans). La société est toutefois positionnée sur des secteurs très stratégiques pour la France.
6/Orange : 5,07 milliards
Le groupe dirigé par Stéphane Richard fait également beaucoup parler de lui. Ne serait-ce qu’en raison de la configuration du marché des télécoms français et des sempiternelles rumeurs de consolidation. L’Etat est encore à la tête de 13,45% de l’ex-France Telecom. Une cession pure et simple de titres semble assez peu probable alors que la mise en œuvre d’un savant processus regroupant plusieurs acteurs du secteur serait plus appropriée. Les noms de Bouygues et Vivendi circulent abondamment.
7/Safran : 4,76 milliards
Safran a fait partie, ces dernières années, des entreprises fréquemment sollicitées par l’Etat. Il faut dire que ce fleuron français, grâce à son parcours boursier sans faute, permettait aux pouvoirs publics de dégager de belles plus-values sans vendre trop de titres. L’APE possède, à ce jour, 14% de Safran. Là encore, il sera intéressant de voir où l’Etat place le curseur pour conserver son influence.
8/Renault : 4,37 milliards
C’est sans doute le dossier le plus chaud et le plus compliqué à gérer pour les nouvelles équipes de Macron. Toujours à la tête de 19,74% du capital du constructeur automobile, malgré la promesse faite de descendre au plus vite aux alentours de 15%, soit le niveau antérieur à l’acquisition de titres avant l’AG de 2015, l’Etat n’en finit pas de tergiverser sur le sort à réserver à cette part résiduelle. De même, les relations avec l’homme fort de Renault, Carlos Ghosn ne sont pas bonnes. Un problème qui ne date pas d’hier mais qui s’est envenimé lors de la renégociation des pouvoirs au sein de l’Alliance avec Nissan. La succession du bouillonnant Carlos Ghosn réglera sûrement nombre de ces problèmes mais pas l’avenir de l’Alliance avec le japonais.
9/Air France-KLM : 680 millions
On descend, ici, à un niveau de valorisation bien inférieur. Limitant les marges de manœuvre pour vendre des titres. Et ce, d’autant plus qu’à l’issue de l’entrée des deux nouveaux actionnaires américains et chinois de la compagnie aérienne, la part de l’APE descendra à 14%. Le parcours boursier d’Air France est toutefois particulièrement brillant et pourrait inciter la manne publique à dégager quelques plus-values.
10/Eramet : 382 millions
Là encore, le poids de l’APE est de faible ampleur. La société, après avoir rencontré de nombreuses difficultés financières ces dernières années, a réalisé un très beau redressement boursier l’an passé. L’APE est à la tête de 25,66% du capital. Nul doute toutefois que l’Etat n’a aucun intérêt stratégique à détenir un groupe de production et commercialisation de métaux non ferreux.
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