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Sur les marchés
Marchés financiers
Ceva, symbole du retour des dettes « covenant-lite » en Europe
Signe de
surchauffe des marchés de la dette, les opérations « cov-lite »
font leur retour en Europe, et même en France, un pays réputé plus conservateur
dans la structuration des émissions. Le phénomène est déjà connu aux
Etats-Unis : sur 644,4 milliards de dollars d’émissions de dette l’an
passé, près de 300 milliards, soit environ 45% du marché, étaient
« covenant-lite », c’est-à-dire associées à des ratios obligatoires moins
restrictifs que les prêts classiques.
Ceva Santé
Animale, un laboratoire vétérinaire français, repris par ses managers
avec l’appui d’Euromezzanine, Natixis et Sagard en 2007, compte bien surfer sur
cette vague favorable aux émetteurs. Il est ainsi en train de mettre en place
un refinancement « covenant-lite » de 850 millions d’euros, dont une
partie en dollars, un emprunt PIK de 200 millions d’euros, 50 millions de
crédit revolving et 100 millions de capex. Cette opération a pour but de réaménager
la structure financière du groupe, avant la sortie des fonds minoritaires.
Mais le
problème vient de ce que les investisseurs sont plus exigeants envers un
émetteur européen, qui plus est français. Les données macros de l’Hexagone ne
sont pas au beau fixe et surtout, le système juridique français est beaucoup
moins favorable aux créanciers, si la société connaît des difficultés et entre en
procédure collective. Or, le refinancement de Ceva fait ressortir un
endettement de 7 fois l’Ebitda particulièrement agressif. En outre, la société
n’a pas opté pour la structure du « double-luxco », soit la création
d’une holding au Luxembourg, qui permet aux créanciers d’échapper aux
juridictions françaises en cas de restructuration.
Néanmoins,
Ceva bénéficie d’un timing favorable, puisque le marché de la dette a souffert
des soubresauts des émergents ces derniers mois et que les deals se sont
faits rares l‘an passé. Si peu d’émetteurs LBO ont eu recours au marché de la
dette récemment, le retour des opérations du private equity devrait alimenter à
nouveau les tuyaux et calmer les ardeurs sur les pricings. Hormis Ceva, le
groupe français d’ingrédients naturels Diana détenu par Ardian depuis 2007, prépare
aussi un refinancement de 700 millions d’euros sur les mêmes ratios, en plein
process de sortie. Même opération en vue pour le groupe de services de paiement
Nets Holdings, sur un multiple de dette de 6,5 à 7 fois l’Ebitda, et pour le
groupe alimentaire espagnol Deoleo, entre 6 et 6,5 fois. Enfin, France Telecom
et Deutsche Telekom envisageraient à nouveau la vente de leur joint-venture en
Grande-Bretagne, ce qui pourrait donner lieu à un refinancement de dette de 6
milliards de livres.
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