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Grèce : le superviseur unique enquête sur la recapitalisation de deux banques
Y a-t-il eu des irrégularités lors des augmentations de capital des banques grecques ? C’est la question à laquelle va devoir répondre le Mécanisme de supervision unique (MSU) de la BCE. La Banque du Pirée et Attica Bank, deux établissements qui ont présenté des besoins en fonds propres en novembre dernier, vont ainsi recevoir la visite ce mois-ci des équipes du superviseur unique européen, rapporte le Financial Times. Une première pour les institutions financières du pays, depuis la mise en place de l’autorité.
Ces investigations ont été lancées à la suite de craintes émises par plusieurs actionnaires. Pour mémoire, à la suite d'un bilan de santé mené sur les prêteur l’an dernier, la BCE a estimé le besoin en argent frais à 14,4 milliards d’euros pour les quatre plus grands établissements hellènes, à savoir Alpha Bank, la Banque du Pirée, la Banque Nationale de Grèce et Eurobank. Soit un montant plutôt dans la fourchette basse par rapport à ce que les créanciers s’étaient fixés (10-25 milliards d’euros). Dans le détail, la Banque du Pirée -la plus grande firme du pays- devait trouver 4,93 milliards d'euros, tandis qu’il manquait 1,02 milliard d'euros à Attica Bank, établissement de plus petite taille.
Les deux institutions ont donc dû présenter aux autorités leurs plans pour combler leurs besoins. C’est ainsi que la Banque de Pirée a proposé de lever 1,94 milliard d'euros auprès d’investisseurs privés et de vendre des actions pour 271 millions d’euros. Le solde (2,72 milliards) devait, lui, être comblé par le gouvernement grec, via l’argent du Mécanisme européen de stabilité (MES). Pour sa part, Attica Bank a indiqué aux autorités qu’elle comptait lever 750 millions d’euros. Problème : les deux financières auraient eu du mal à atteindre leurs deux objectifs, ce qui aurait pu conduire à des pratiques « borderline ».
Le mois dernier, la BCE s’est néanmoins montrée confiante quant à la santé des établissements. « Il n’y a pas de besoin en capital », a ainsi déclaré la patronne du MSU, Danièle Nouy, dans un entretien au journal Agora. Toutefois « la meilleure garantie contre une nouvelle recapitalisation est le retour à la croissance, basé sur l’application du plan d’ajustement de l'économie dicté par les créanciers (UE et FMI) et la solution définitive du problème des prêts non performants », a précisé la française.
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