Gestion d'actifs : la profession réclame des financements alternatifs
"Il faut inventer de nouveaux outils de financement de l'économie, ne pas hésiter à innover", lançait hier soir Bruno Bézard, le directeur du Trésor, lors de la réunion annuelle de l'AFG. Les gérants d'actifs étaient effectivement venus nombreux pour évoquer les enjeux de leur profession dans un contexte de taux et fiscal très pénalisant. L'occasion pour Bruno Bézard de préciser que l'éco-système français est particulièrement riche et qu'il travaillait actuellement à l'élaboration de nouveaux outils pour favoriser l'investissement de long terme. "N'hésitez pas à venir nous présenter vos idées. Nous sommes à votre écoute", a-t-il également martelé.
De nombreux patrons de gestion en ont aussi profité pour parler de leurs principales préoccupations du moment. "Nous devons déjà remettre à l'endroit la fiscalité de l'épargne", a déclaré le nouveau patron de l'AFG, Yves Perrier. "Si on veut un bel avenir pour la gestion d'actifs française, il faut aussi reconnaître qu'elle a un prix. Pour cela, on a besoin d'un gestion financière bien payée", a lancé Daniel Roy, président du directoire de la Banque Postale.
Autre préoccupation des gérants : la nécessaire bascule des fonds en euros vers les unités de compte pour les contrats d'assurance-vie, au regard de l'évolution des rendements obligataires. En 2014 déjà, les UC ont représenté 33% de la collecte de l'assurance-vie, selon les statistiques de l'ACPR. Pour Didier Le Menestrel, patron de la Financière de l'Echiquier, il serait d'ailleurs bien d'imaginer un vrai produit de retraite, compte tenu de l'allongement de la durée de vie. Il propose, par exemple, de permettre à un particulier d'abonder toute sa vie un compte titres qu'il ne débouclerait qu'au moment de sa retraite et ce, sans fiscalité. Idée qu'il envisage de promouvoir auprès des pouvoirs publics.
Autre idée forte revenue en boucle au cours de cette soirée : le développement du private equity, des placements privés et des prêts en direct pour favoriser le financement de l'économie. Mais gare à une réglementation trop stricte qui pourrait étouffer dans l'œuf ces initiatives. "Comme d'habitude, il faut un juste équilibre", a estimé l'économiste Christian de Boissieu. A fin 2014, les chiffres de la gestion d'actifs étaient plutôt flatteurs, avec un total de 3200 milliards d'euros gérés en France via 630 sociétés de gestion de portefeuille, dont 200 créées ces cinq dernières années. Plus de 450 sont entrepreneuriales.
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