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Norbert Dentressangle: Colette Neuville prend fait et cause pour Elliott
Nouveau rebondissement dans le dossier Norbert Dentressangle : Colette Neuville, la présidente de l’Adam a décidé de faire cause commune avec le fonds d’investissement Elliott dans le cadre du litige qui l’oppose à l’américain XPO Logistics qui vient de lancer une OPA sur le transporteur français. Pour rappel des faits, XPO a récemment obtenu du Tribunal de commerce de Paris que la participation d’Elliott au capital de Norbert Dentressangle, soit 9,06%, soit séquestrée et qu’elle ne puisse pas être vendue à d’autres qu’à XPO le temps que l’affaire soit examinée en référé cet après-midi. XPO réclame que cette acquisition soit purement et simplement annulée du fait qu’Elliott aurait enfreint les principes réglementaires d’une bonne information à l’égard des actionnaires. Pour faire entendre sa voix, l’américain n’a pas hésité à faire appel aux plus grands ténors du barreau français puisqu’il s’est acquis les services de Jean-Michel Darrois en personne. Norbert Dentressangle, pour sa part, est défendu par Dominique Bompoint. En face, le fonds Elliott n’en revient toujours pas. Il a pourtant déclaré tous ses achats au fur et à mesure, comme l’impose le règlement de l’AMF en période d’OPA. Et il n’est, certes, pas le premier fonds à faire de telles emplettes en période d’offre, nombre de fonds (notamment dans le cadre de la gestion alternative) ayant pour vocation d’acheter des titres sous offre avec une très légère différence par rapport au prix d’OPA en cas de surenchère. Du coup, Elliott a lui aussi pris une grande figure du barreau français : Jean-Pierre Martel.
Pour Colette Neuville cette affaire est très grave pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’en contestant des achats en période d’OPA au prétexte que l’acquéreur des titre n’aurait pas précisé qu’il entendait aller jusqu’à 5% et par là bloquer le retrait obligatoire, on remet ici en question le libre jeu de la Bourse. « Dans ce cas, ne parlons plus d’offre publique d’achat simplifiée mais plutôt d’offre publique réservée ! », lance la patronne de l’Adam. Pour elle, la liberté des enchères est l’essence même de la cotation en Bourse. Ensuite, elle estime qu’en remettant ainsi en cause ces achats, cela revient à abaisser drastiquement le seuil minimal du retrait obligatoire puisqu’avec le seul bloc majoritaire de la famille Dentressangle, XPO s’arroge le droit de lancer un RO et de contester toute intrusion ultérieure. « Il ne faut pas oublier que les retraits obligatoires, susceptibles de faciliter l’intégration fiscale mais aussi différentes opérations de cessions internes font surtout les affaires des actionnaires majoritaires. Raison de plus pour être très vigilant avec les conditions de lancement de retrait obligatoire », assure Colette Neuville qui redoute que le législateur soit tenté de revoir le droit des sociétés à cette occasion.
C’est donc aujourd’hui que le tribunal de commerce de Paris va donner un premier avis sur le sujet sachant qu’il sera jugé sur le fond le 29 septembre. L’OPA d’XPO s’est terminée le 17 juillet. Il a officiellement 86,25% des titres Norbert Dentressangle. L’opération est donc jugée recevable. Reste maintenant à voir si l’américain réussira bel et bien à intégrer Norbert Dentressangle et plus particulièrement la société Jacobson que le Français a acquis l’an passé pour 750 millions de dollars au nez et à la barbe de….XPO. Au Etats-Unis, Elliott et XPO ont également entamé une procédure judiciaire, pour des motifs assez voisins.
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