Une nouvelle restructuration publique pourrait faire couler le navire
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Selon Natixis, si les gouvernements européens rejettent l'idée d'une restructuration, c'est parce qu'aucun mécanisme ne peut en contenir les effets pervers. Pourtant, la question se pose pour la Grèce.
Les choses se précisent. En deux jours deux grandes voix de la finance, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, et le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, ont évoqué la possibilité d'une nouvelle aide à la Grèce. De quoi mettre la chancelière allemande, Angela Merkel, et d'autres responsables gouvernementaux, qui jusque-là rejetaient l'idée d'une nouvelle restructuration de dette publique, dans l'embarras. Pourquoi? Tout simplement car "rien n'est prêt pour éviter qu'une telle restructuration ne débouche sur une catastrophe", selon une étude publiée lundi par Natixis.
La faiblesse de la croissance laisse pourtant penser que les pays vont peiner à réduire leurs déficits publics, ce qui va conduire à une augmentation des taux d'endettement. Pour stabiliser ces taux, il faudrait que les pays améliorent leur excédent primaire par rapport à celui attendu en 2013 (de 2,9 points de PIB en Italie, de 11 points au Portugal, et de 4,7 points en Irlande). "Le problème est le rejet politique et social des hausses d'impôts ou des baisses de dépenses publiques nécessaires pour atteindre cet excédent primaire", note Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis. Du coup la question de la restructuration de dette, telle que celle de la Grèce, se pose.
Quels garde-fous manquent-ils à l'Europe? Il n'existe pas de modalités techniques permettant qu'une restructuration ne soit pas brutale. Natixis pense, par exemple, à l'échange de la dette existence contre de la dette à maturité très longue, avec un taux d'intérêt plus faible. La zone euro ne pourrait pas non plus bloquer la contagion entre pays. Pour y arriver, "il faudrait des interventions sur les marchés de dette publique des pays menacés par la contagion, à l'annonce de la restructuration d'une dette publique". Ce que permettrait un programme comme l'OMT. Mais ce dernier ne peut pour le moment être utilisé préventivement.
Enfin, il s'agirait d'éviter une crise bancaire. Pour rappel, en juin 2012 les établissements financiers italiens détenaient 184,17 milliards d'euros de dette italienne. De la même façon, l'Espagne était intimement liée à ses banques, à hauteur de 152,54 milliards d'euros. "La restructuration (...) générerait donc une crise bancaire grave dans le pays où la dette est restructurée, avec ici aussi un risque de contagion." Il conviendrait donc de pouvoir recapitaliser directement les banques touchées. Mais là encore, un instrument en place tel que l'ESM (mécanisme européen de stabilité) ne peut être utilisé qu'en dernier recours. "Aujourd'hui, une restructuration aurait des conséquences probablement dramatiques", conclut Natixis.
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17/09/2021 - 10:31

