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Série de fin d'année de WanSquare : les personnalités ... | WanSquare
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exclusif Série de fin d'année de WanSquare : les personnalités de l'économie se livrent (2/4)

EXCLUSIF. Nous poursuivons aujourd'hui avec une nouvelle moisson de grandes personnalités interrogées par WanSquare. Tous les univers sont présents entre Nicolas Mérindol, patron de Carmin, Edouard Carmignac, président de Carmignac Gestion ou encore Sophie de Menthon, qui est à la tête d'Ethic.
Sophie de Menthon - Ethic
Sophie de Menthon - Ethic

Les questions posées sont les suivantes (sachant que nous avons demandé à chacun d’être le plus bref possible) :

1/ Quel événement vous a le plus surpris en 2016 ?

2/ Comment voyez-vous 2017 ?

Nicolas Mérindol, président de Carmin

1/ J’ai été surpris de voir acceptés, même banalisés, les taux d'intérêts négatifs qui s'installent dans le paysage financier mondial comme une évidence sans que ne surgissent ‎les alertes du monde à l'envers qu'ils incarnent : le remède est devenu le virus.

2/ 2017 sera une nouvelle année de plans d'actions stratégiques des banques et des compagnies d'assurance face aux mutations structurelles : réglementation, rupture digitale, non rémunération des risques , nouveaux acteurs ; les plans d’efficacité opérationnelle qu’elles ont toutes menés n’ont pas suffi, elles doivent à présent prendre des options lourdes.

Edouard Carmignac, président de Carmignac Gestion

1/Le plus surprenant a probablement été que les taux d'intérêt aux Etats-Unis ne se tendent pas plus tôt. Il aura fallu l'élection de Donald Trump à la présidence du pays pour que les marchés intègrent que les taux ne pouvaient plus aller que dans un seul sens, sous la pression de la montée visible depuis le début de 2016 de l'inflation, du désir de retrait de la Fed, et de l'amélioration du cycle économique global. 

2/ Les marchés se sont certainement un peu vite enthousiasmés pour le programme "keynesiano-libéral" de Mr Trump. Mais l'essentiel n'est pas là. L'important est que nous avons maintenant le dirigeant de la première économie du monde qui s'apprête à remettre en cause tous les tabous de rectitude budgétaire et fiscale, d'équilibres financiers, voire de libre-échange sur l'autel de la croissance économique américaine. Ceci nous annonce une année 2017 musclée, durant laquelle marchés actions, marchés de taux et de devises exprimeront à monsieur Trump, et éventuellement à ses émules en Europe, leur avis sur cette stratégie de rupture.

Olivier Millet, président de l’AFIC

1/ Surprise : les 3 records du capital-investissement français au 1er semestre 2016 : 6,2 milliards d'euros levés, 50% des capitaux viennent de l’étranger, plus de 1.000 entreprises accompagnées.

2/ Perspectives 2017 : année de déblocage des mécanismes qui figent la rotation du capital des entreprises, et d’une meilleure fluidité de l’assurance-vie vers le non coté.

Olivier Pauchaut, responsable de la recherche chez Bryan Garnier

1/ Le burn-out de Djokovic post Roland Garros.

2/ Une année où le risque politique est particulièrement élevé, avec notamment les premiers pas de l’administration Trump, le début des négociations autour du Brexit et la série d’élections en Europe continentale (France, Allemagne, Italie ?).

Matthieu Pigasse, Directeur general délégué de Lazard France

1/ La surprise de 2016 a été les surprises... Le succès de l'inattendu et la revanche du politique sur l'économie (Brexit, Trump, primaires, Italie ...).

2/ Inattendu et surprenant...

Sophie de Menthon, présidente d'Ethic

1/ Ce qui m’a le plus surpris politiquement et économiquement en 2016 en dehors bien sûr des événements dramatiques, c’est la succession d’événements "inattendus" et l’échec des prévisionnistes. Rien ne s’est passé comme on l’attendait et le manque de vision des médias et de réalisme des relais d’opinion a été sanctionné par la base.

2/ 2017 va être une année turbulente, avec des répliques systémiques. Tant qu’on n’aura pas remis de l’autorité, de la simplification et du bon sens tout demeurera instable. Jusqu’où faudra-t-il aller pour que ce soit le cas ? C’est la grande inconnue d’une révolte toutes catégories qui peut générer le pire ou le meilleur.

Laurent Vigier, PDG de CDC International Capital

1/ Plutôt qu'un événement en particulier, le fait marquant de l'année 2016 me semble être l'enchaînement d'événements au départ considérés comme peu probables et dont l'accumulation imprime un nouveau cours à la mondialisation : le Brexit, l'élection de Donald Trump, qui constituent un mouvement de défiance populaire vis-à-vis de certaines conséquences de la mondialisation, et par ailleurs le retour de la Russie au centre du jeu international et la montée des tensions en mer de Chine, qui marquent une remise en cause sérieuse de l'ordre international issu de la fin de la Guerre Froide.

2/ L'environnement économique devrait continuer à être marqué par une grande volatilité du contexte international et la poursuite des incertitudes géopolitiques. Dans cette situation, beaucoup dépendra de la capacité de l'Europe à maintenir sa cohésion et ses valeurs, à défendre ses intérêts propres et à demeurer une force de proposition plutôt qu'une variable d'ajustement dans les nouvelles rivalités entre grandes puissances.

Gérard Rameix, président de l’Autorité des marchés financiers

1/ Le résultat du référendum sur le Brexit a créé la surprise, une mauvaise surprise pour l’Europe, mais lance un défi pour la zone euro et la place de Paris.

2/ L’Europe doit négocier le virage du Brexit tout en restant concentrée sur ses objectifs de long terme : un cadre sécurisé pour les marchés financiers tel que négocié post crise et permettant le financement des projets d’entreprises et de la croissance.

Sébastien d'Ornano, président de Yomoni

1/ Trump, Brexit, référendum italien : ce qui m'a surpris en 2016 est l'incapacité des élites à utiliser les nouvelles technologies et les réseaux sociaux pour faire la pédagogie des solutions équilibrées et contrer la démagogie digitale des extrêmes.

2/ Ce sera une année de transition compliquée mais exaltante par son calendrier politique mais aussi par la place mal évaluée que le digital prend de plus en plus dans nos décisions de long terme avec un impact potentiel énorme et que j'espère cette fois-ci positif. 

Stéphane Boujnah, directeur général et président du directoire d’Euronext

1/ Le résultat cumulé du référendum britannique en juin, des‎ élections américaines en novembre et du référendum italien en décembre fut une surprise. Personne n'imaginait il y a douze mois une expression aussi forte, cohérente et généralisée de la colère des déçus de la mondialisation dans les pays les plus développés de la planète. Plus surprenante encore fut la réaction assez mesurée des marchés financiers face à ces événements.

2/ 2017 doit être une année décisive pour construire une nouvelle zone euro. Entre mars et septembre, le Royaume-Uni engagera la procédure de sortie de l'Union européenne, les Pays-Bas, la France et l'Allemagne éliront un nouveau parlement et un nouveau chef de l'exécutif. 2017 crée donc l'opportunité de réinitialiser l'aventure européenne et la zone euro. Car, dans un monde qui sera caractérisé par le retour de toutes formes de protectionnisme et de tensions stratégiques menaçantes, en Asie notamment, l'Europe continentale et la zone Euro resteront en 2017 une zone privilégiée de stabilité et de coopération.

Patrick de Cambourg, président de l'Autorité des normes comptables

1/ Ce qui surprend le plus en 2016, c'est l'ampleur et la généralisation, non anticipées, des mouvements prônant le repli sur soi et les solutions nationales. Les questions sous-jacentes, notamment celles posées par les mouvements "populistes", constituaient une préoccupation, elles sont devenues en 2016 un véritable enjeu politique et sociétal. Les mécanismes de régulation globaux et les idéologies dominantes sont en question.

2/ L'année 2017 apparaît comme celle de la gestion des incertitudes. Incertitudes liées aux événements survenus en 2016, mais aussi incertitudes liées aux échéances clés de 2017 (nouvelle administration aux Etats-Unis, élections en France et en Allemagne, négociation Brexit...). Du développement effectif de ces incertitudes et de la qualité de la gestion collective dépendra la stabilité économique, financière, sociale et politique. Des "projets" renouvelés, ambitieux et cohérents, conçus et mis en oeuvre à des échelles perceptibles par les citoyens, sont nécessaires pour réduire les incertitudes.

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