Taxe Tobin: France et Allemagne feraient 20 milliards d'économies
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La taxe sur les transactions financières pourrait réduire de 50% la contribution des Etats au budget de l'UE, mais la Grande-Bretagne serait encore perdante. Schäuble estime que c'est peine perdue.
La création d'une taxe sur les transactions financières (TTF) permettrait de réduire de 50% la contribution des Etats dans le budget de l'Union Européenne. Selon les projections de la Commission, le nouvel impôt devrait rapporter 81 milliards d'euros en 2020. Bruxelles souhaiterait que les deux tiers de cette somme, 54 milliards d'euros, soient alloués au budget européen. Le tiers restant serait redistribué aux budgets nationaux.
Actuellement, Bruxelles planche sur un budget pluriannuel européen 2014-2020, fondé uniquement sur ses ressources propres. Une ambition qui serait permise, notamment, par l'instauration de la TTF. L'institution voudrait que la part versée par chaque Etat réduise d'autant le montant de sa contribution à ce budget. Ce dernier est calculé en fonction des produits nationaux bruts de chaque membre, et devrait représenter 110 milliards d'euros d'ici huit ans.
Dans le détail, la France verrait sa contribution baisser de 8,76 milliards d'euros par an. L'Allemagne serait l'Etat le plus allégé, avec une réduction de 10,75 milliards d'euros. L'Espagne et l'Italie économiseraient respectivement 4,74 et 6,45 milliards d'euros. Les gains enregistrés par le Portugal ou la Grèce seraient, proportionnellement, plus limités : 645 et 896 millions d'euros respectivement.
Toutefois, cette méthode de calcul défavorise la Grande-Bretagne. Selon les données de Bruxelles, le pays verrait sa contribution au budget de l'UE réduite de 7,69 milliards d'euros, alors qu'il représente à lui seul 80% de l'industrie financière, et donc la grande majorité des produits de la taxe. Ainsi, même si on évalue les économies faites grâce à la taxe en fonction de la part dans le budget européen, et non pas en proportion de la contribution directe aux revenus de la taxe, ne ferait pas lever le veto anglais.
Du coup, même les défenseurs du projet n'y croient plus. "On ne peut tout simplement pas y arriver, même dans la seule zone euro", a déclaré hier le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble. "On essaiera donc autre chose", a-t-il ajouté. De son côté, la rapporteuse du projet au Parlement européen, Anni Podimata, continue son travail comme si de rien n'était, arguant qu'il ne s'agit pas "d'une procédure de codécision". Son projet sera soumis au vote le 25 avril.
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