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Top 10 des pieds-de-nez britanniques à l'Europe | WanSquare
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exclusif Top 10 des pieds-de-nez britanniques à l'Europe

EXCLUSIF. C’était écrit dans l’Histoire : les Britanniques devaient secouer l’Europe jusqu’au bout. Depuis la fin de la guerre, nos voisins d’outre-Manche ont toujours compliqué le projet communautaire, à tel point qu’un Brexit apparait presque logique. Cette semaine, WanSquare remonte le temps pour retracer l’histoire d’un désamour, notamment à partir de la documentation du site touteleurope.eu.
Margaret Thatcher
Margaret Thatcher

1.1946 : Le projet de Churchill

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Churchill est le premier à évoquer une union de l’Europe, mais déjà les réserves britanniques sont claires. En 1946, il déclare ainsi : « la première étape d’une reconstruction de la famille européenne doit être le partenariat franco-allemand. (…) Mais nous avons notre propre rêve et notre propre mission. Nous sommes avec l’Europe, mais nous ne sommes pas en Europe. Nous sommes intéressés et associés, mais pas absorbés ».

2.1960 : L’autre libre-échange

Hostile à la création de la Communauté économique européenne (CEE) en 1957, le Royaume contre-attaque. Il crée 3 ans plus tard l'Association européenne de libre-échange (AELE) avec six partenaires, dont la Suisse, le Portugal, l’Autriche et plusieurs pays scandinaves. L’alliance doit permettre une union douanière sans institution supranationale. Mais un an plus tard, empêtrés dans la décolonisation et un affaiblissement économique, les Britanniques toquent à la porte de l’Europe.

3.1975 : Le premier référendum

Après 11 ans de négociations et deux vetos français, le Royaume-Uni rejoint enfin la CEE en 1973. Las, au bout d’un an à peine, un phénomène étonnamment actuel se produit : le leader travailliste, Howard Wilson, est élu sur la promesse d’un référendum sur l’adhésion, après une renégociation des accords, notamment sur la contribution au budget. Les 9 pays parviennent à s’entendre lors du premier Conseil européen en 1975, puis le référendum consacre… le « oui », à 67,2%.

4.1979 : La désunion monétaire

L’inconstance britannique s’exprime à nouveau lors de la mise en place du Système monétaire européen (SME) en 1979, censé limiter les fluctuations des taux de change à 2,25% par rapport au Mark allemand. La Grande-Bretagne réalise de nombreux échanges en dollars avec les USA, et souhaite donc rester en retrait. Mais elle rejoint finalement ses partenaires en 1990, avec cependant une marge de 6%... Pour finalement ressortir deux ans plus tard, en dévaluant sa monnaie.

5.1979: « I want my money back »

En 1979, six mois seulement après son arrivée au pouvoir, Margaret Thatcher réclame soudainement une nouvelle baisse de la contribution britannique au budget communautaire. Au cœur du conflit, la politique agricole commune, essentielle à une Europe qui vise l’autosuffisance, futile pour un Royaume importateur. Après 5 ans de blocage, la Dame de fer obtient en 1984 un rabais d’un milliard de livres sterling.

6.1989 : Les droits des travailleurs

La méthode britannique du « oui mais non » est désormais bien rôdée, et en 1989, elle est de nouveau mobilisée pour la « Charte communautaire des droits sociaux fondamentaux des travailleurs », initiée par Jacques Delors, que Thatcher espérait pourtant moins intrusif. Le texte, qui concerne aussi bien les rémunérations que la formation professionnelle et la santé au travail, est immédiatement rejeté par la Grande-Bretagne… qui l’accepte finalement avec le traité d’Amsterdam, en 1998.

7.1990 : « No, no, no ! »

Si la gouvernance européenne est loin d’être achevée, ce n’est pas faute d’avoir essayé. En 1990, Jacques Delors souhaite que le Parlement européen soit le cœur démocratique de la Communauté européenne, la Commission son exécutif, et le Conseil des ministres son Sénat. A la tête d’un parti déchiré sur la question européenne, Thatcher répond « no, no, no » à son Parlement, en octobre. Elle est poussée vers la sortie un mois plus tard.

8.1993 : Le casse-tête de Maastricht

Bruxelles respire lorsque Thatcher est remplacée par John Major, nettement plus ouvert sur les questions européennes. Mais lors des négociations sur le traité de Maastricht, le Premier ministre affronte les membres de son propre camp. Pour satisfaire son parti, il obtient une « clause de retrait » et une exemption de la monnaie unique. Il doit malgré tout menacer de démissionner pour éviter un référendum et obtenir de peu la ratification, en juillet 1993.

9.1999 : Schengen à la carte

En 1999, après 15 ans de négociations et un an après l’entrée en vigueur de la Convention de Schengen, le Royaume-Uni demande à rejoindre très partiellement le nouvel ensemble. Il garde le contrôle de ses frontières, mais adhère à la coopération policière et judiciaire en matière pénale, la lutte contre les stupéfiants et le système d'information Schengen (SIS). Avec en bonus… une clause de retrait.

10.1997 : La dernière chance

De retour au pouvoir en 1997, les travaillistes emmenés par Tony Blair veulent revenir au centre du jeu européen, voire rejoindre la monnaie unique. Mais l’agenda est sans cesse repoussé, puis enterré avec la guerre en Irak et la montée (déjà) du UKIP. Blair finit même par renoncer à un référendum sur le TCE, devant le « non » français et néerlandais. Pour résoudre cette fragmentation de l’opinion, Cameron aura l’idée d’un fatal référendum en 2012… dans une pizzeria de l’aéroport de Chicago, d’après le Financial Times.


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