CMA CGM tente de joindre les deux bouts
EXCLUSIF.
L'armateur marseillais, qui a publié de lourdes pertes au premier trimestre, a constitué un "steering committee" chargé de renégocier la dette. Mais il attend encore 250 millions de dollars de Yildirim.
CMA CGM n'a pas échappé à la forte détérioration du marché de fret maritime en ce début d'année 2012. Hier, il a publié un chiffre d'affaire en hausse de 2,6% à 3,6 milliards de dollars, mais un Ebitda négatif de 31 millions de dollars, et surtout 248 millions de dollars de perte nette. Il a ainsi subi de plein fouet la chute des taux de fret liée à une surcapacité dans le secteur et à un ralentissement lié à l'incertitude macroéconomique.
Le groupe emmené par Jacque Saadé se montre certes plus optimiste pour le reste de l'année, avec une nouvelle hausse des taux et la chute brutale des prix du pétrole, et table sur un résultat positif en 2012. Mais à court terme, il doit surtout renégocier le niveau de sa dette et ses covenants auprès de son pool de banques.
CMA CGM accuse aujourd'hui une dette totale de 6,1 milliards de dollars, et seulement 575 millions de dollars de trésorerie (contre 1,5 milliard à fin juin 2011). Le groupe a constitué un "steering committee" rassemblant ses banques créancières (Bayern LB, BNP Paribas, China Export-Import Bank, CIC-Crédit Mutuel, Citibank, Crédit Agricole, ING, Korea Import-Export Bank, Natixis et Société Générale), qui représentent 51,5% de sa dette.
Le groupe souhaite étendre d'un an une dette d'exploitation de 500 millions d'euros, à 2014, réduire les remboursements bancaires à 500 millions de dollars cette année et mobiliser 300 millions de dollars de facilités pour financer ses achats de bateaux. Il souhaite également annuler le covenant fixé pour le remplacer par un système où il affecterait les cash flows au remboursement de la dette. Une solution globale doit être trouvée d'ici à fin juillet 2012 car le groupe a déjà brisé ses covenants au premier trimestre, sur 2,8 milliards de dollars de dette. En décembre 2011, il s'était engagé à un leverage maximal de 4,75 fois l'Ebitda, devant être ramené à 4 fois à fin juin.
Mais la principale inconnue réside dans l'apport de 250 millions de dollars de Yildirim. CMA CGM a exercé son option pour appeler cette somme, mais ne l'a pour l'instant pas reçue car le turc peine à lever l'argent. Le directeur financier, Michel Sirat, s'est dit confiant dans la capacité à obtenir cette enveloppe d'ici à la fin de l'année, mais les banques voudront certainement un geste supplémentaire en equity pour lâcher du lest de leur côté.
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