La razzia des fonds obligataires en Europe
EXCLUSIF.
L'obligataire européen a atteint des records en 2012, avec une collecte nette de 176 milliards d'euros. Mais le rebond des flux actions en fin d'année laisse présager une inversion de tendance en 2013.
Après avoir subi un sérieux revers en 2011 avec une décollecte nette de plus de 58 milliards d'euros touchant tous les actifs, les fonds d'investissement sont repartis dans le vert en 2012. Les flux nets se sont chiffrés à 204 milliards d'euros, selon les données de Morningstar. Bilan positif certes, mais toujours en-deçà des niveaux constatés en 2009 et 2010 où les fonds avaient attiré respectivement 214,8 milliards et 255,2 milliards d'euros.
Véritables poules aux oeufs d'or l'an passé, les fonds obligataires ont attiré plus de 176 milliards d'euros, soit plus de 80% du total des investissements. La collecte nette totale a ainsi été 10 fois supérieure à celle enregistrée sur 5 ans entre 2007 et 2011 ! Loin derrière, les fonds diversifiés (ou d'allocation) se sont classés en deuxième position, avec 29,7 milliards d'euros. A contrario, les fonds actions ont été les moins plébiscités par les investisseurs en 2012. Sur l'ensemble de l'année, la décollecte a été de 6,8 milliards d'euros même si le quatrième trimestre est venu largement limiter les dégâts avec des flux nets positifs de 1,4 milliard d'euros.
Du côté des gestionnaires d'actifs, les premières places en termes de collectes sont trustées par PIMCO (32 milliards d'euros), Alliance Bernstein (13 milliards) et Axa (9 milliards). Dans l'Hexagone, Carmignac Patrimoine tire sont épingle du jeu et se classe deuxième plus gros fonds hors marché monétaire, avec 28 milliards d'euros sous gestion. A l'inverse, "parmi les gérants français les plus durement touchés, on retrouve les grandes banques comme en 2011 : BNP Paribas, Amundi, Dexia, Lyxor ou Credit Mutuel", relève l'étude.
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer ces bouleversements. Primo, les inquiétudes se sont dissipées au sujet de la zone euro depuis le discours de Mario Draghi à l'été dernier. Deuxio, au sein de l'obligataire, les investisseurs se sont détournés des fonds à court terme et des obligations d'Etat européens qui ne sont plus considérées comme des valeurs refuges, à l'avantage des fonds flexibles ou à échéance. Les investisseurs ont "privilégié la quête de rendement", précise encore l'étude Morningstar.
Alors que le retour des investisseurs sur les actions à la fin 2012 laisse présager un ralentissement de l'obligataire, les Cassandres redoutent même la possibilité d'une bulle.
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17/09/2021 - 10:31

