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exclusif Draghi sort l'artillerie lourde

EXCLUSIF. A priori, la BCE n'a pas encore acheté de titres espagnols et italiens. Mais sur un marché où les volumes sont relativement faibles en cette fin juillet, l'impact des propos de Mr Draghi a été immédiat.
Décidément, Monsieur Draghi sait être efficace quand il le faut. Après avoir lancé deux énormes programmes d'injections de liquidités auprès des banques, évitant un "credit crunch" aux conséquences désastreuses pour la zone euro, il a cette fois sauvé de peu un Etat à deux doigts de demander l'aide européenne. Le président de la BCE a effectivement annoncé en début d'après-midi que la BCE "ferait tout ce qui était en son pouvoir pour préserver l'euro". Ce qui laisse penser qu'elle se tiendra prête à réactiver le programme de rachat de titres souverains (SMP) lancé il y a plus de deux ans, à tout moment. Une mesure que tous les opérateurs de marché et investisseurs attendaient comme le Messie, puisque les autres instruments mis en place par les dirigeants européens (SMP, FESF) étaient pour le moment incapables de soulager l'Espagne. L'impact a été quasi immédiat. Les taux de l'Espagne sont repassés sous la barre des 7% alors que les titres du pays avaient atteint hier plus de 7,7%, tandis que ceux de l'Italie se rapprochent des 6%, soit une baisse de près de 40 points de base en une journée. La BCE n'a pourtant a priori pas commencé à acheter des titres, d'après des opérateurs de marché interrogés par WanSquare. Et elle ne s'est pas encore adressée aux SVT (Spécialistes en Valeurs du Trésor) pour connaître les prix des titres espagnols, un bon indicateur de son intervention. Elle pourrait cependant décider d'acquérir des titres dès demain si elle en décidait ainsi, puisque "rien, d'un point de vue juridique, ne l'empêche de réactiver le SMP", explique René Defossez, analyste chez Natixis. Mais le simple fait de communiquer clairement sur le sujet a pour l'instant suffi à calmer les angoisses des marchés et à faire baisser les taux sensiblement. Notamment parce que les volumes échangés sont beaucoup plus faibles en cette fin de mois de juillet, et les évolutions à la hausse ou à la baisse sont donc plus marquées. "L'encours de la dette espagnole est de l'ordre de 500 milliards d'euros. Il suffirait que la BCE intervienne trois fois sur le marché du pays, pour des montants de l'ordre de 15 à 20 milliards d'euros, pour faire revenir les titres à des niveaux plus raisonnables", explique René Defossez. Si le discours de Draghi aujourd'hui ne suffit pas à faire baisser suffisamment les rendements des obligations, il est probable que la banque de Francfort fixe un niveau de taux qu'elle souhaiterait voir atteint, et agisse jusqu'à ce que son objectif soit rempli.
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