Macro-économie / Taux
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Donald Trump propose la nomination de son théoricien économique en chef au board de la Fed / Stephen Miran pourrait occuper un poste provisoirement
Le jeu des chaises musicales continue au sein de la Réserve fédérale américaine (Fed). Donald Trump, président des Etats-Unis, a indiqué qu’il avait choisi de proposer la nomination de Stephen Miran, président du Council of Economic Advisers (CEA), au Conseil des gouverneurs de l’institution de Washington. Si le Sénat donnait son aval, l’économiste prendrait la suite d’Adriana Kugler qui vient d’annoncer sa démission, effective depuis aujourd’hui, alors que son mandat courait jusqu’en janvier 2026.
Pour mémoire, un gouverneur nommé pour remplacer quelqu’un qui n’a pas fini son mandat ne remplit que la durée restante de ce mandat. Il peut ensuite ou non être nommé pour un mandat complet de 14 ans. Or, "dans l’intervalle, nous continuerons à rechercher un remplaçant permanent", a déclaré Donald Trump. Stephen Miran ne serait donc qu’une solution provisoire. Il n’y a plus de siège vacant au Conseil des gouverneurs et il n’est pas certain que Jerome Powell quitte la Banque centrale après avoir achevé son mandat de président en mai 2026 - son mandat de gouverneur court jusqu’en janvier 2028.
De sorte que si Donald Trump ne promeut pas une personnalité déjà présente au board de la Fed en tant que président - Christopher Waller tiendrait la corde -, il devra compter sur la fin du mandat de Stephen Miran en janvier 2026.
Quelques années après avoir obtenu un doctorat en économie à l’Université de Harvard, sous la direction du chercheur Martin Feldstein, lui aussi un temps patron du CEA pendant une partie de la présidence de Ronald Reagan, Stephen Miran a rejoint la sphère financière. Au cours des années 2010, l’homme de 41 ans fut tour à tour gérant de portefeuille, analyste macro ou encore stratégiste. En outre, au cours de la dernière année du premier mandat de Donald Trump, il était conseiller économique au Trésor (Steven Mnuchin en était alors à la tête).
En parallèle de ses fonctions dans un fonds d’investissement, Stephen Miran avait signé de nombreux rapports pour le Manhattan Institute, think tank qu’il avait intégré en 2023.
Avant de devenir chef du CEA, Stephen Miran avait fait des déclarations au ton plutôt "faucon" (hostile à l’inflation) en matière de conduite de la politique monétaire ce qui est l’exact inverse de ce que Donald Trump défend. En septembre 2024 alors que la Fed allait décider de sa première baisse de taux directeur, le faisant passer de 5,25 % à 4,75 %, Stephen Miran s’était montré pour le moins circonspect.
"Les 'colombes' [ceux qui veulent préserver la croissance, ndlr] sont cavaliers en matière d’inflation et l’ont toujours été. Ils estiment que l’objectif d’inflation devrait de toute façon être plus élevé, que les gens ne se soucient pas de l’inflation à moins qu’elle ne se rapproche de 7 % et que 3 % n’est pas grave. Je pense que cela sape notre démocratie, l’État de droit et nos institutions, étant donné que le Congrès a légiféré sur la stabilité des prix", avait-il estimé. "La faiblesse économique provoquée par un taux directeur élevé peut être facilement et rapidement inversée par un taux directeur plus bas, contrairement à une récession de bilan provoquée par l’effondrement massif d’une bulle spéculative", avait-il ajouté.
La Fed vise une inflation de 2 % l’an en moyenne au cours du temps et elle se situe depuis de nombreux trimestres entre 2,5 % et 3 %.
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