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Macro-économie / Taux

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États-Unis : une croissance moins reluisante qu’il n’y paraît / Ecroulement record depuis cinq ans de l’investissement privé

En rythme annualisé, la hausse du Produit intérieur brut (PIB) de l’Oncle Sam a atteint 3 % au deuxième trimestre. Tandis que l’accroissement des droits de douane semble avoir commencé à peser sur la consommation des ménages, l’investissement, lui, a connu une contraction à l’ampleur inédite depuis la pandémie.
Donald Trump, président des Etats-Unis - Brendan SMIALOWSKI / AFP
Donald Trump, président des Etats-Unis - Brendan SMIALOWSKI / AFP

Facialement, Donald Trump, président des États-Unis, peut pérorer. Au deuxième trimestre, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la première puissance mondiale s’est affichée à 3 % en rythme annualisé (0,7 % en glissement trimestriel simple), d’après les données publiées par le département du commerce américain.

Principal moteur de l’économie américaine (70 % du PIB), la consommation des ménages avance à un rythme beaucoup moins rapide qu’en 2024, avec une progression de 1,4 % en rythme annualisé (2,8 % l’an passé), dans un contexte d’inquiétude vis-à-vis de la politique commerciale de Donald Trump. Les droits de douane effectifs moyens s’établissaient à 17,5 % début juillet, selon le Budget Lab de l’Université de Yale, soit un niveau jamais observé aux États-Unis depuis au moins le début des années 1930.

C’est encore plus préoccupant quand on jette un coup d’œil à l’investissement privé. Il a reculé de 15,6 % en rythme annualisé, une contraction jamais vue depuis le deuxième trimestre 2020 au moment du déclenchement de la crise pandémique, ce qui le ramène à son niveau de début 2024. Dans le détail, seuls l’investissement en propriété intellectuelle et celui en équipements s’affichent en territoire de croissance.

L’investissement résidentiel chute de 4,6 % tandis que celui en structures (bureaux, usines, entrepôts etc.) s’effondre de 10,3 %, là encore une dégringolade record depuis la pandémie. "L’investissement des entreprises pourrait légèrement s’améliorer grâce à une plus grande clarté sur les relations commerciales, mais la dynamique est incontestablement en perte de vitesse", estime James Knightley, chef économiste chez ING.

Une variable particulièrement scrutée par les conjoncturistes, en raison de ses propriétés prédictives, nommée "ventes finales aux acheteurs domestiques privés" (VFADP) résume assez bien la situation.

Excluant des éléments erratiques comme l’évolution des dépenses gouvernementales, des variations de stocks ou encore des exportations nettes, elle donne une image plus fidèle de la situation économique présente et à venir que le PIB dans son ensemble. Après 1,9 % au premier trimestre, elle s’affiche en progression de 1,2 % au deuxième trimestre, un plus bas depuis le quatrième trimestre 2022.

"Les données restent cohérentes avec un ralentissement de la croissance, mais il ne semble pas y avoir de besoin urgent de baisser les taux d’intérêt, malgré les demandes du Président", juge James Knightley. Le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) fera connaître sa décision ce soir à 20 heures.

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