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BNP Paribas Personal Finance veut doubler sa rentabilité / Une feuille de route étendue à l’horizon 2028

La rentabilité comme boussole. Après un redressement entamé en 2022, BNP Paribas Personal Finance affiche des ambitions élevées à l’horizon 2028. En ligne de mire : plus que doubler son rendement sur fonds propres tout en consolidant sa place de numéro deux du crédit à la consommation en Europe - un levier stratégique pour l’ensemble du groupe.
Siège social de la société Cetelem à Levallois - Photo by Daniel Thierry / Photononstop via AFP
Siège social de la société Cetelem à Levallois - Photo by Daniel Thierry / Photononstop via AFP

Un pas après l’autre. Après une phase de redressement, voici venue celle de l’accélération rentable. BNP Paribas Personal Finance, la filiale du groupe spécialisée dans le crédit à la consommation et le financement des particuliers, entend capitaliser sur la dynamique enclenchée il y a trois ans avec le lancement de PF Impulse, conçu en cohérence avec la feuille de route stratégique GTS 2025 (Growth, Technology, Sustainability) du groupe BNP Paribas.

À l’occasion d’une présentation aux investisseurs le 10 juin, baptisée Deep Dive, sa direction a présenté les nouveaux jalons d’une trajectoire désormais prolongée jusqu’en 2028. L’ambition est claire : plus que doubler le rendement sur fonds propres normatifs (RONE), pour dépasser 17 % à cet horizon, contre 8,5 % aujourd’hui. Comment ? En visant une croissance annuelle moyenne des revenus de 5,5 %, portée principalement par la reconstitution des marges sur les crédits, tout en maintenant une stricte discipline du risque et un contrôle rigoureux des coûts.

 

Un modèle mis à l’épreuve

 

Ce nouveau cap vient ainsi prolonger une dynamique initiée en 2022, dans un environnement qui était devenu brutalement plus contraint. A l’époque, la remontée rapide des taux d’intérêt, l’inflation persistante et la montée des défauts de paiement avaient mis à mal le modèle économique des spécialistes du crédit à la consommation, dans l’incapacité de répercuter pleinement la hausse des coûts de refinancement sur les emprunteurs, tandis que la dégradation du contexte macroéconomique avait accru le risque de défaut.

C’est dans ce contexte que BNP Paribas Personal Finance s’était engagé dans un processus de redressement structurant. Depuis, le périmètre d’activité a été revu en profondeur : sortie d’une dizaine de marchés jugés non stratégiques, recentrage sur quinze pays clés, parmi lesquels les principaux marchés européens, ainsi que l’Afrique du Sud et la Chine via des partenariats locaux. Ce mouvement s’est accompagné d’une rationalisation organisationnelle significative : environ 4 000 équivalents temps plein ont été supprimés ou transférés dans le cadre de cessions ou de fermetures d’activités, sur un total de 19 000 postes concernés par ces mesures à l’échelle du périmètre consolidé.

Parallèlement, un travail ciblé a été mené sur la composition de la clientèle. L’activité a été recentrée sur les partenaires stratégiques de grande taille, avec une sélectivité accrue sur certains segments et une priorité donnée aux clients à forte valeur, afin de mieux maîtriser le risque et préserver les marges.

 

Un rebond progressif des marges

 

Les effets sont là. Malgré un contexte encore tendu en 2024, le produit net bancaire est resté stable à 5,1 milliards d’euros, tandis que le résultat avant impôt a bondi de 21,6 % sur un an, pour atteindre 822 millions. Signe d’une meilleure efficacité opérationnelle, le coefficient d’exploitation s’est amélioré de 2,4 points, à 54,8 %.

Le taux de marge sur les nouvelles productions (NBI/production annuelle) a dépassé 5 % au premier trimestre 2025. Il était descendu sous 4,8 % en 2023. BNP Paribas Personal Finance table sur une poursuite de cette remontée, à mesure que les crédits les moins rentables sont amortis. D’ici à 2028, les encours devraient croître de 4 % par an, soit au-dessus du rythme moyen du marché estimé entre +2 et +3 %, prévoit la direction.

 

Un effet de ciseau de plus de 4 points en ligne de mire

 

La maîtrise des coûts reste un axe clé du plan. La direction de BNP Paribas Personal Finance revendique une approche " à coût marginal ", censée neutraliser en grande partie l’effet combiné de l’inflation et de la croissance des volumes. En ligne de mire : une stabilisation des charges autour de 2,2 % des encours d’ici à 2028, malgré une activité en expansion.

Dans le même temps, la hausse des revenus étant attendue de 5,5 % par an en moyenne, la division s’est fixée pour objectif un effet de ciseau (l’écart entre la croissance des revenus et celle des coûts) supérieur à 4 points à l’horizon 2028. Pour y parvenir, la filiale s’appuie sur l’industrialisation des processus, une plateforme technologique unifiée, et le déploiement à grande échelle d’outils d’intelligence artificielle, dont certains déjà en production. Le recours à des centres spécialisés au Portugal et en Roumanie doit par ailleurs assurer une plus grande flexibilité opérationnelle sans dégrader la qualité de service.

 

Discipline du risque et optimisation du capital

 

La stratégie reste aussi guidée par une discipline rigoureuse du risque et une gestion optimisée du capital. Le recentrage sur les prêts automobiles - un segment historiquement plus sûr -, combiné à des outils avancés de scoring et de recouvrement, permet à BNP Paribas Personal Finance d’anticiper une baisse progressive du coût du risque, attendu à 1,3 % d’ici à 2028. En parallèle, la division multiplie les opérations de titrisation et d’assurance crédit afin de contenir la croissance des actifs pondérés (RWA). Plus de 35 programmes de titrisation avec transfert significatif de risque (Significant Risk Transfer, ou SRT) sont ainsi prévus sur la période.

Ce dispositif permet à la banque de transférer à des investisseurs tiers une partie du risque de crédit de certains portefeuilles, tout en conservant les créances au bilan. Sous réserve des conditions prudentielles, ces opérations allègent les exigences en capital réglementaire, renforçant ainsi la rentabilité sans compromettre la dynamique commerciale.

Avec ce nouveau plan stratégique étendu à 2028, BNP Paribas Personal Finance entend consolider sa position de numéro deux du crédit à la consommation en Europe. Une ambition qui dépasse le seul périmètre de la division : celle-ci génère près de 10 % du produit net bancaire du groupe, 12 % du résultat brut d’exploitation et 11 % du résultat net - autant dire un rouage essentiel dans le modèle économique du groupe.

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