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Droits de douane : Pernod Ricard veut rassurer malgré la baisse des ventes / L’Inde, un marché décidément très précieux
Dans un contexte de guerre commerciale avec des droits de douane, que ce soit en Chine ou aux Etats-Unis, qui menace ses activités, Pernod Ricard se veut rassurant. "Notre présence mondiale étendue et géographiquement équilibrée ainsi que la diversité de notre portefeuille demeurent des atouts clés pour nous permettre de limiter certains effets liés à l’environnement difficile dans lequel nous évoluons. Comme précédemment indiqué, nous continuons d’allouer nos ressources avec agilité, de déployer nos initiatives d’efficacités opérationnelles, en adaptant notre organisation pour soutenir notre croissance future et optimiser notre génération de trésorerie ", a expliqué le groupe, présidé par Alexandre Ricard, à l’occasion de la présentation de son chiffre d’affaires du troisième trimestre (en exercice décalé 2024-2025).
Le travel retail en chute libre en Chine
Il n’en reste pas moins que les ventes du géant des vins et des spiritueux français ont chuté de 3 % en variation organique et publiée sur un an, à 2,278 milliards d’euros, et de 4 % sur neuf mois par rapport à l’année dernière (-5 % en publié), à 8,454 milliards d’euros.
Sans surprise, en Chine, ancien second marché de Pernod Ricard détrôné par l’Inde l’année dernière, le chiffre d’affaires chute de 22 % sur les neuf premiers mois de l’année et de -5 % au troisième trimestre du fait notamment d’un jour de l’An très calme, ce qui avait été anticipé par l’entreprise en février dernier. A cela s’ajoute bien sur les mesures anti-dumping décidées par le gouvernement chinois, impactant fortement le travel retail. Celui-ci dégringole de -31 % sur un an au troisième trimestre, en raison de la suspension du régime de duty-free pour le cognac, et Martell en particulier.
Un quatrième trimestre très attendu en Inde
Mais en Europe aussi, les ventes du groupe sont en baisse, de 7 % au cours des trois derniers mois sur un an. En cause : l’Allemagne où le contexte macro-économique est difficile et l’Espagne, impactée par le calendrier des fêtes de Pâques. "Le groupe avait déjà signalé des faiblesses en Allemagne et en Espagne mais l’ampleur de la baisse est une surprise", constate l’analyste Stifel.
L’Inde, en revanche, ne déçoit pas. Les ventes y ont progressé de 5 % sur un an depuis les neuf premiers mois de l’année, grâce à la forte demande, notamment pour les marques Jameson, Ballantine’s et Royal Salute, mais aussi à la poursuite de la stratégie de premiumisation de Pernod Ricard, et ce malgré une performance plus modérée au troisième trimestre, en raison d’éléments techniques comme la mise en place de nouvelles procédures de dédouanement impactant les ventes de spiritueux importés, et par une interruption temporaire, - aujourd’hui résolue assure le groupe -, de la production dans un état du pays. "Une forte dynamique est attendue au 4e trimestre, incluant un rattrapage du trimestre précédent", annonce l’entreprise.
Les grossistes américains anticipent
Reste le cas des Etats-Unis, son premier marché (20 % du chiffre d’affaires). Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires ressort en hausse de 2 % mais perd 5 % depuis le début de l’année par rapport à son exercice précédent, du fait rappelons-le, d’un sell-in des distributeurs resté prudent. "Le marché des spiritueux y est resté globalement stable, le chiffre d’affaires organique du troisième trimestre est supérieur à notre sell-out en raison des commandes anticipées des grossistes dans le contexte tarifaire actuel ", explique Pernod Ricard, qui confirme donc, dans un contexte qualifié de "difficile " et de "très mouvant" en termes de droits de douane, ses perspectives annuelles, à savoir une baisse organique low-single-digit entre 1 % et 4 % de son chiffre d’affaires et une stabilisation de sa marge opérationnelle organique, "grâce à des mesures d’efficacités opérationnelles".
Pour mémoire, celles-ci avaient été révisées en février dernier alors que le groupe attendait précédemment un retour à la croissance. "Cette perspective tient compte de l’impact des droits de douane attendus en Chine et aux Etats-Unis sur la base des informations dont nous disposons aujourd’hui", prévient le groupe, martelant que " la maximisation de la génération de trésorerie reste une priorité du groupe ".
Maintien du dividende
D’ailleurs, et malgré les vents contraires, le groupe a décidé de maintenir la distribution d’un dividende pour l’exercice en cours. Son montant final sera soumis au vote des actionnaires lors de l’assemblée générale du 27 octobre prochain.
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