Ce lundi, la presse allemande continue de tirer le bilan du sommet européen de la fin de semaine dernière. "Hollande ôte le pouvoir à Merkel", estime notamment le Financial Times Deutschland. "Lors du sommet François Hollande a joué un rôle de premier plan : la France serait un lien en Europe, les Français veulent dorénavant piloter le futur de la communauté européenne. Il ne reste plus à la chancelière qu'à faire bonne figure". Le FTD s'intéresse donc tout particulièrement au rôle de François Hollande. "'La France est un lien, la France rendra possible de tout réunir', a-t-il déclaré, à la fin de son premier sommet de l'UE. 'La France ne veut rallumer aucun conflit, mais doit permettre le rapprochement, en particulier entre le nord et le sud de l'Europe. La France est à la fois au nord et au sud, ce qui aide'. Avec ces mots, le novice de l'Europe âgé de 57 ans décrit comment il veut orienter l'avenir de la communauté. La chancelière Angela Merkel, elle, représente la plus grande économie, avec les notes les plus solide. Pourtant, dans la crise de l'euro, la politicienne de la CDU campe toujours sur l'austérité et la discipline budgétaire, des positions comprises par les pays du sud comme l'expression des aspirations teutoniques à la suprématie", estime le FTD.
"L'Allemagne est responsable pour les banques du sud de l'Europe", estime pour sa part le chef de l'Ifo, Hans-Werner Sinn, interrogé par le Handelsblatt. Le quotidien souligne : "après le sommet de l'euro, les investisseurs sont enfin satisfaits. | | Mais à quel prix ? L'Allemagne est de plus en plus investie dans la crise, prévient le chef de l'Ifo".
Dans un autre article, le FTD estime néanmoins que "Merkel s'est pliée intelligemment". "On peut lire partout que l'Espagne et l'Italie ont vaincu lors du sommet de l'UE. Cela n'a aucun sens. Merkel a reculé, mais c'était une bonne chose". Alors que partout les comparaisons avec l'Euro de foot ont fleuri, le FTD estime que ce sont "des bêtises". "Il ne s'agit pas de savoir si Merkel a perdu 1:2 face à l'Italien Mario Monti. Mais - pour rester dans la même image -, de savoir s'il peut encore y avoir un jeu commun à l'avenir."
Parallèlement à cette question, les eurobonds continuent à créer des tensions en Allemagne. Selon le Sueddeutsche Zeitung, "Schäuble irrite les partenaires de la coalition". "Ca coince de nouveau au sein de la coalition, prévient le quotidien. Le ministre des finances Schäuble n'exclut plus par principe les eurobonds, mais les lie uniquement à des conditions. Ce qui énerve le ministre des affaires étrangères Westerwelle, qui voit déjà la fin imminente de 'l'idée européenne'". "Trop peu de solidarité menace l'Europe, trop de solidarité ne menace pas moins l'Europe" a déclaré le ministre des affaires étrangères Guido Westerwelle (FDP) au Frankfurter Allgemeine Zeitung. "Une responsabilité conjointe et solidaire pour les dettes en Europe, via les eurobonds, serait un défaut de construction, qui mettrait en danger l'idée européenne", poursuit-il.
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