Pour la Cour des Comptes, il n'y a pas de doute: compte tenu de "la hausse de 1,8 point du ratio d'endettement imputable aux opérations de soutien aux Etats de la zone euro et des 2,4 points imputables au déficit, la dette publique passerait de 86 % du PIB à fin 2011 à 89,2 % fin 2012". Mais les sages de la rue Cambon sont prudents et ajoutent : "une mobilisation de la trésorerie de cette ampleur est incertaine et, surtout, deux facteurs pourraient faire passer le ratio d'endettement au-dessus de 90 % du PIB : des interventions en faveur des Etats de la zone euro plus importantes que prévu fin mai et une croissance du PIB inférieure à l'hypothèse du programme de stabilité. Il est donc vraisemblable, tout en supposant le déficit ramené à 4,4 % du PIB en 2012, que la dette publique sera supérieure à 90 % du PIB à la fin 2012".
Dans ces conditions la Cour des Comptes s'alarme, à juste titre, de la charge de la dette. Un mouvement qui avait déjà été souligné au titre de 2011, "année pendant laquelle les charges financières de l'Etat ont augmenté de 11,9 % 52,6 milliards d'euros". | | Ce qui correspond à 2,6 % du PIB et à la moitié du déficit total. Le déficit primaire, c'est-à -dire hors charges d'intérêt, s'est élevé, pour sa part, à 2,6 % du PIB (4,7 % en 2010). Autrement dit, la totalité des charges d'intérêt et une partie des autres dépenses ont été financées par le recours à l'emprunt.
Pour 2012, la loi de finances prévoyait une charge de la dette de 48,8 milliards d'euros, soit un niveau nettement inférieur à la prévision du budget triennal (50,5 milliards d'euros). Cette prévision a été revue à la baisse par le premier collectif de l'année à hauteur de 0,7 milliard en raison, principalement, de l'évolution des taux courts enregistrés au cours des mois précédents. "Au total, estime la Cour des Comptes, la charge de la dette et de la trésorerie de l'Etat pourrait s'élever à 47,5 milliards d'euros en exécution pour 2012 au lieu de 48,8 milliards prévus". |