Cet été aura été l'un des plus meurtriers pour le monde de la finance. Les enquêtes menées depuis quelques années sur les banques aboutissent et les scandales n'ont cessé de se multiplier. Une situation qui pousse les anglo-saxons à sauver ce qui reste de réputation à leurs grands centres financiers, quitte à taper sur le voisin. Mais n'est-il pas trop tard pour promettre de donner du fil à retordre aux banques? Car cela fait bien quatre ans que les investisseurs attendent une réponse réglementaire. Une situation idéale pour leurs concurrents.
Depuis quelques mois, les autorités américaines tentent d'être sur tous les fronts. Notamment en expliquant qui si Wall Street est touchée par de multiples scandales, cela est en bonne partie dû aux pratiques britanniques. Certes, sa banque JP Morgan a perdu près de 7,5 milliards de dollars, mais c'est bien à la "baleine de Londres" qu'il faut s'en prendre. L'affaire d'accusation de blanchiment d'argent liée à une sombre histoire de drogue, ou de financement du terrorisme de la filiale américaine de HSBC, jettent là encore l'opprobre sur une grande banque anglaise. A cela s'ajoute l'enquête que mènent actuellement les Etats-Unis sur un possible blanchiment d'argent chez RBS et qui pourrait faire de nouveaux émules.
Les exemples sont nombreux, mais le plus parlant d'entre eux reste le Liborgate. Les américains n'ont pas hésité à relever le manque de sérieux des autorités britanniques en 2008, lorsqu'elles avaient été averties d'une possible manipulation du taux interbancaire. Une stratégie qui n'est pas du goût du gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King. "Les différentes autorités réglementaires qui enquêtent sur un dossier en particulier devraient travailler ensemble et éviter de faire trop de commentaires publics jusqu'à ce que les enquêtes soient terminées", a-t-il répliqué il y a quelques jours, à l'occasion des nombreuses sorties de leurs voisins d'outre-Atlantique sur la britannique Standard Chartered, qui s'est vue menacée d'un retrait de sa licence. |
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Bien que clair, ce rappel à l'ordre n'arrange en rien la réputation des britanniques. Selon une étude informelle menée il y a quelques jours par Chartered Institute for Securities and Investment auprès de 314 professionnels de la finance dans le monde, les deux tiers des personnes interrogées font peu ou pas confiance aux banques britanniques. Une défiance dont le Premier ministre, David Cameron, a pris toute la mesure. Actuellement, la Grande-Bretagne planche sur une loi pour encadrer les banques. En juillet, le Parlement a annoncé l'ouverture d'une enquête pour déterminer les failles et les besoins des prêteurs.
Côté Etats-Unis, Barack Obama pourrait y trouver son compte. Le nom de son rival, Mitt Romney, est associé à celui de la finance. Son expérience dans l'industrie, qui aurait pu être un atout, est en train de se retourner contre lui. L'argument du président actuel? Que seule une personne étrangère à ce monde pourra réguler le système sans avoir les mains liées. Mais c'est sans oublier que les campagnes de Barack Obama, à l'instar de celle de son adversaire, sont financées de près comme de loin par des banquiers et qu'il est depuis quatre ans au pouvoir. De son côté, Mitt Romney s'est dit favorable à l'abrogation, ou en tout cas à une modification, du Dodd-Frank Act. Cette loi, signée par Barack Obama, est le pilier de la régulation financière aux Etats-Unis. Au lieu de s'en prendre aux anglais, les US ne feraient-ils mieux pas de voir que la concurrence s'est déplacée et de balayer devant leur porte? |