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Manchester United: pas de quoi faire vibrer les investisseurs
Focus
09/08/12 12h42

Le club de football britannique, qui fait son entrée sur le NYSE demain, pourrait lever 330 millions de dollars dont la moitié pour la famille Glazer, qui garde le contrôle exclusif d'un groupe surendetté.


Les 660 millions de fans de Manchester United pourraient cette fois-ci avoir une raison de huer leur équipe, plus particulièrement son projet d'IPO au New York Stock Exchange demain.

Le club de football, repris en LBO par la famille Glazer en 2005, n'a plus la gloire d'antan, lorsqu'il s'était offert les services du célèbre joueur Cristiano Ronaldo avec le transfert le plus cher de l'histoire en 2009, pour un montant de 80 millions de livres. Aujourd'hui, le club détenteur de 19 titres de championnat britannique croule sous 437 millions de livres de dette, ce qui l'empêche de surenchérir pour acquérir des stars de la trempe de Ronaldo. Pire, la famille Glazer avait projeté d'aller introduire le club en Asie et d'y lever 1 milliard de dollars, mais a dû renoncer à ses projets devant le manque d'appétit des investisseurs.

Aujourd'hui, ils mettent en vente 10% du capital aux Etats-Unis, soit 16,7 millions d'actions valorisées entre 16 et 20 dollars chacune, alors que les analystes ne retiennent qu'un fair value de 10 dollars. Dans le haut de la fourchette, Manchester United pourrait donc lever 330 millions de dollars et se voir attribuer une capitalisation boursière de 3,38 milliards de dollars. Le club serait alors valorisé dix fois plus que le club italien de la Juventus, également coté. Par ailleurs, son multiple de 5,9 fois le chiffre d'affaires serait également 10 fois supérieur à celui du groupe danois Parken Sport & Entertainment, propriétaire du club de Copenhague, et même 12 fois plus élevé que celui du club de Turin.
 

Et cela, alors même que la famille propriétaire garde les commandes! Les actions de classe A mises en vente ne génèrent qu'un droit de vote pour 10 titres, donc le public n'aura qu'un peu plus de 1% des droits de vote totaux, une fois l'opération finalisée. Et elle n'utilisera que la moitié de l'argent levé pour réduire l'endettement, alors que celui-ci grève la capacité du club à s'offrir les meilleurs joueurs du mercato, qui lui assureraient de belles performances en compétition.

De façon rationnelle le club, qui n'a pas gagné de titre cette année pour la première fois depuis son LBO, n'est donc pas un candidat des plus attractifs pour les investisseurs. D'autant que son profil de croissance dans les pays émergents est limité, dans la mesure où il a déjà conquis 108 millions de supporters en Chine.

Mais le cas de Manchester United nous montre qu'il ne faut pas sous-estimer l'aspect sentimental dans le fait de détenir une partie de son club fétiche, puisque tous les titres mis en circulation auraient déjà été placés, selon des sources proches de l'opération. Ce qui serait une bonne nouvelle depuis le fiasco de l'IPO de Facebook en mai, notamment pour les banques teneuses de livres, Jefferies, Credit Suisse et JP Morgan.


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