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Récession française : un nouveau casse-tête budgétaire
Décryptage
08/08/12 16h52 - Marie-Amélie Fauchier-Magnan - mafauchiermagnan@wansquare.com

Si les prévisions de la Banque de France sont justes, le gouvernement devra de nouveau revoir à la baisse son scénario de croissance, et donc son programme d'ajustement budgétaire pour 2012.


Les propos du ministre de l'Economie et des Finances au début du mois d'août, qui dévoilait alors son inquiétude au sujet de la croissance française, ont trouvé toute leur résonnance aujourd'hui avec la première estimation du PIB du troisième trimestre par la Banque de France. L'institution a en effet annoncé des prévisions de croissance négative à -0,1%, succédant à un repli du même ordre sur les trois mois précédents. Si ces chiffres sont confirmés au mois de septembre, la France sera officiellement entrée en récession, comme nombre de ses voisins européens, à commencer par la Grande-Bretagne.

Le recul du PIB n'est certainement pas une surprise, avec le renforcement de la crise de la dette depuis le début du printemps, qui a pesé sur la consommation des ménages et la confiance des entrepreneurs. Ces chiffres vont en tout état de cause compliquer la tâche du gouvernement, qui a pourtant déjà revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2012. Le deuxième projet de loi de Finances rectificative, présenté début juillet, reposait en effet sur une hypothèse de croissance de +0,3% en 2012, contre +0,5% dans le précédent projet. Or pour le moment, le PIB a été nul au premier trimestre et s'est contracté de 0,1% sur les six mois suivants, si l'on en croit les statistiques dévoilées aujourd'hui. La croissance devra donc atteindre 0,5% au cours des derniers mois de l'année, si le gouvernement veut remplir ses objectifs budgétaires pour cette année.

C'est le schéma envisagé pour cette fin d'année dans le second PLFR : "l'activité se redresserait progressivement en fin d'année, dans un scénario de dissipation progressive des tensions financières, grâce aux mesures de soutien au pouvoir d'achat et à l'emploi mises en oeuvre par le gouvernement ".
 
Il est vrai que l'avenir décrit par les chefs d'entreprises industrielles interrogés par la Banque de France n'annonce par forcément un effondrement de l'activité : les carnets de commande se sont contractés mais les stocks de produits finis se situent seulement "un peu au-dessus des niveaux désirés", d'après la Banque de France. Et les chefs d'entreprises restent optimistes sur les perspectives pour les prochains mois.

Il reste que le gouvernement en est conscient, cette embellie de fin d'année est très fragile et sera dépendante de l'évolution de la crise de la dette. " Le scénario reste entouré d'une grande incertitude, en particulier sur la situation de la zone euro", précise le PLFR. La reprise dépendra notamment du retour de la consommation des ménages, qui a fléchi de 0,2% au deuxième trimestre. Consommation qui repose elle-même sur un retour de la confiance et sur un apaisement des tensions souveraines. Un ralentissement de l'économie française supérieur aux prévisions du gouvernement compliquerait sensiblement l'équation budgétaire, qui prévoit de ramener le déficit public à 4,5% du PIB en 2012 et 3% en 2013. Sachant que le gouvernement a déjà prévu en juillet 7,2 milliards d'euros de hausse d'impôts supplémentaires et 1,5 milliard d'euros de gel de dépenses. Il faudrait donc trouver des économies supplémentaires si la France ne veut pas dérailler de ses objectifs dès 2012.
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