Les marchés boursiers américains ont ceci de fascinants qu'ils peuvent subir de sérieuses contre-performances - l'IPO ratée de Facebook en mai dernier en est un exemple flagrant - sans que cela n'altère les projets d'autres candidats à moyen terme. Certes il y a eu un coup d'arrêt ces trois derniers mois, mais la grande majorité des sociétés qui ont déposé leur prospectus sont entrées en Bourse, contrairement à l'hécatombe européenne actuelle.
Cette semaine fait figure de véritable premier test pour la Bourse américaine, alors que le réseau social de Mark Zuckerberg accuse une baisse de 43% de son titre depuis son entrée sur le Nasdaq. Car les candidats à la cote ont eux aussi des noms célèbres: le club de football Manchester United tout d'abord, qui souhaite lever 300 millions de dollars pour une IPO vendredi. Il s'agit de la première équipe de sport professionnelle à venir frapper à la porte de la bourse depuis le club de baseball Indian Clevelands, en 1998.
Les revenus de Manchester United viendront à l'avenir principalement des contrats de sponsors et des ventes de produits dérivés, qui représentent aujourd'hui un tiers de son chiffre d'affaires, selon les analystes. Le club vient ainsi de signer un contrat de plusieurs millions de dollars avec General Motors, afin de faire figurer la marque Chevrolet sur les maillots de ses joueurs à partir de 2014. Le reste du chiffre d'affaires est généré par les ventes de billets et les droits de retransmission. Plus stables, ils sont aussi plus difficiles à anticiper puisqu'ils dépendent des performances de l'équipe à chaque saison, dans chaque championnat.
Mais il convient de rappeler que Manchester United, contrôlé par le controversé Malcolm Glazer et sa famille, a tenté auparavant de lancer son IPO en Asie, sans succès. |
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Acculé par 660 millions de dollars de dette, le club est aujourd'hui forcé de vendre ses très bons joueurs afin de se remettre à flots, ce qui impacte ses performances et donc ses résultats.
Dans un autre registre, la chaîne de restaurants Bloomin' Brands, propriétaire de cinq marques dont Outback Steakhouse, fera son entrée en Bourse mercredi, après avoir tenté de collecter jusqu'à 369 millions de dollars. Le groupe est en bonne santé puisqu'il a vu ses revenus grimper de 5,9% l'an passé et souhaite ouvrir de nouveaux restaurants.
Mais les investisseurs pourraient tiquer sur son actionnariat car la société est sous LBO avec BC Partners, avec en minoritaire Catterton Management, qui souhaitent sortir partiellement. Les parts des deux fonds de private equity représentent donc 80% des actions mises en vente, ce qui est en général vu d'un oeil plus suspicieux par le marché, qui préfère les profils dotés d'un capital de long terme.
Au total, six sociétés chercheront à lever 1,1 milliard de dollars cette semaine, soit bien loin des 16 milliards obtenus par la firme de Palo Alto en mai. Mais étant donné que 5 des 7 IPO de la dernière semaine de juillet ont été mise à prix en dessous ou au bas de la fourchette d'estimation, ils ne pourront se montrer trop gourmands, surtout s'il y a un problème de dette. Ce qui compte est de passer ce cap difficile car, selon Dealogic, la hausse des cours lors du premier jour de cotation est de 16,4% en moyenne aux US depuis le début d'année, un record depuis 2000. Comme quoi en Bourse, il est possible d'avoir plus d'amis que Facebook. |