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Presse allemande : le scandale du Libor, une épée de Damoclès sur la Deutsche Bank
Décryptage
20/07/12 12h47 - Oriane Raffin

Le patron de la BFI de la Deutsche Bank pourrait être impliqué dans l'affaire de manipulation du Libor. De son côté, Merkel a obtenu l'aval du Bundestag sur l'aide à l'Espagne, mais sans majorité absolue.


"Que savait Anshu Jain?", s'interroge ce vendredi matin le Handelsblatt, sur le scandale du Libor. "Combien est impliqué le co-chef de la Deutsche Bank dans la manipulation des taux d'intérêt? Le nouveau président du conseil de surveillance de l'établissement, Paul Achleitner, veut tout clarifier et a mis en place un groupe d'enquête interne. Pour Jain, cela vient mal à propos", poursuit le quotidien. Le Handelsblatt rappelle que "Josef Ackermann ne voulait pas que son plus haut banquier d'investissement lui succède à la tête de la Deutsche Bank. Ceci est connu. Ce que l'on savait moins jusqu'à présent, c'est que l'une des raisons principales pour cela est l'affaire de la manipulation du taux londonien, qui a été évoquée pour la première fois en janvier 2010. 'L'affaire du taux pendait comme une épée de Damoclès au-dessus de Jain', a déclaré une source interne au Handelsblatt."

Le Financial Times Deutschland souligne quant à lui la solidarité des établissements bancaires: "dans le cadre de la manipulation des taux, les banques font preuve d'une solidarité inhabituelle. Plusieurs instituts ont apparemment trouvé une solution commune avec les autorités de régulation, pour réduire les éventuelles sanctions."

La Süddeutsche Zeitung publie ce vendredi une tribune de Javier Caceres consacrée à l'Espagne, qui ne parvient pas à sortir de la crise. "Augmentation des taxes, réduction du budget, structures changées : l'Espagne économise et réforme comme jamais et ne trouve malgré tout aucune sortie à la crise." Le quotidien poursuit : "L'Espagne n'est pas la Grèce.
 
C'est la phrase que les espagnols répètent comme un mantra depuis le déclenchement de la crise de la dette européenne. Derrière se cache : l'Espagne est un pays stable, avec des banques qui fonctionnent et une substance économique incomparablement plus forte. Cela signifie : l'Espagne ne trompe pas, ni ses partenaires ni personne d'autre. Mais maintenant, la crise entre déjà dans sa cinquième année". Et dans le pays, poursuit Javier Caceres, "l'espoir est devenu un bien rare". Il estime par ailleurs que "le gouvernement joue un rôle minable".

Mais bonne nouvelle pour le pays, "le Bundestag approuve les milliards d'aides pour l'Espagne", prévient ce vendredi le site Internet du Spiegel. L'hebdomadaire détaille : "Les banques espagnoles obtiennent une énorme injection de liquidités. Le Bundestag a décidé jeudi après-midi, avec une large majorité attendue, d'approuver les crédits allant jusqu'à 100 milliards d'euros du fonds temporaire FESF pour les pays en crise du sud de l'Europe. 473 députés ont voté pour la motion. Il y a eu 97 voix contre et 13 abstentions. Le soutien est venu des partis de la coalition mais aussi de la SPD et des Verts." Le Spiegel souligne en revanche qu'"Il manque à Angela Merkel la symbolique 'Kanzlermehrheit' [majorité aux deux tiers]. Elle n'était pas nécessaire pour le vote, mais représente un indicateur de la cohésion de la coalition". Un vote extraordinaire, pendant les vacances parlementaires, ce qui fait dire au Spiegel que "la crise ne prend pas de vacances".
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