Quand les arbres ont atteint le ciel, certaines branches marquent le pas. Si Hermès affiche une croissance organique insolente par temps de crise, avec une hausse de 15,4% au premier semestre, la progression n'est plus que de 13,4% au deuxième trimestre contre 17,6% au premier.
Cette décélération masque des évolutions contrastées selon les régions et les produits. La maroquinerie, qui demeure le premier métier du groupe avec 46% des ventes, voit son chiffre d'affaires croître de 7,4% seulement au deuxième trimestre, contre 13,5% au premier. De même, la France (16% du chiffre d'affaires) n'affiche qu'une croissance à un chiffre, à 6,8% contre 13,9% au premier trimestre. L'Amérique suit la même tendance à 8,2% tandis que le Japon retombe avec une croissance négative de 1,1%, contre un progrès de 8% au début de l'année. Or, ces trois pays assurent encore près de la moitié du chiffre d'affaires.
Le sellier du Faubourg Saint-Honoré est heureusement dopé par l'Asie (hors Japon) et l'Europe (hors France), qui doivent toutes deux beaucoup à la frénésie des acheteurs chinois. Les ventes de ces deux zones (51% du total du groupe) affichent des progressions solides de respectivement 26,9 et 16,4% au deuxième trimestre. Mais alors que l'Asie accélère de 4 points par rapport au premier, l'Europe rétrograde de 10 points. |
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Globalement, grâce à son mix géographique et produits, Hermès est en excellente forme. La croissance à deux chiffres des vêtements et de la soie progresse même de deux points au deuxième trimestre par rapport au premier. Le prêt à porter, les carrés de soie et les cravates, plus abordables que les sacs Kelly ou Birkin, donnent ainsi au groupe dirigé par Patrick Thomas un élan qui lui permet de tabler sur une croissance organique à deux chiffres sur l'ensemble de l'année.
Avec une marge opérationnelle qui devrait tourner autour de 30%, Hermès demeure donc une remarquable machine à profits. Mais avec un cours de bourse qui capitalise 36 fois le bénéfice attendu cette année, le groupe semble déconnecté de la réalité des valorisations. Il se paye en effet deux fois plus cher que LVMH ou Richemont. Or depuis la création du holding H51, à la suite de l'entrée inopinée du groupe de Bernard Arnault au capital, Hermès a perdu beaucoup de son caractère spéculatif. Richemont comme LVMH étant tous deux solidement contrôlés par les familles Rupert et Arnault, l'écart de valorisation se justifie donc de moins en moins. |