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Mariage de raison
23/11/09 11h51 - Renaud Belleville - rbelleville@wansquare.com
Le rapprochement de Dexia et Société Générale aurait aujourd'hui beaucoup de sens. Mais sans doute plus d'avantages pour les français que pour les belges.

La crise redonne parfois un coup de jeune aux vieux scénarios. Du temps de sa splendeur, la Générale regardait de haut les velléités de Pierre Richard, patron de Dexia à l'époque, de rapprocher les deux maisons. Au plus fort de la crise, l'opération aurait eu des allures de mariage de l'aveugle et du paralytique.
Mais, aujourd'hui, la SocGen a tourné la page des débâcles provoquées par l'affaire Kerviel et la crise des subprimes. Tout comme Dexia, celle des débordements liés à ses actifs américains de FSA.

Mais, après avoir levé quelque 10 milliards d'euros auprès de ses actionnaires en deux fois et réduit ses activités de marchés, la SocGen reste fragile. Son capital est plus éclaté que jamais et sa capitalisation boursière n'atteint que 35 milliards d'euros, la moitié de celle de BNP Paribas. De son côté, Dexia, recapitalisée à hauteur de 6,4 milliards par les pouvoirs publics belge et français, ne pèse que 9,3 milliards et doit retrouver une viabilité autonome.

L'idée d'adosser les deux groupes ne manque donc pas de sens. Mais on comprend qu'elle vienne des pouvoirs publics français car ils y trouvent sans doute plus d'avantages que les belges. Etant donné les poids respectifs, il ne s'agirait plus d'un éventuel mariage d'égaux mais bien d'une prise de contrôle par la Générale.
 


La banque de La Défense y trouverait un beau renforcement dans la banque de détail en Belgique et au Luxembourg (990 agences) et dans ses terres de prédilection de l'est (400 agences en Turquie et 54 en Slovaquie). De quoi combler une partie de son retard sur BNP Paribas. Elle accroitrait ainsi sa position dans les activités récurrentes de la banque de détail, du financement des collectivités et de l'assurance et de l'asset management ou elle a malencontreusement laissé la main au Crédit Agricole.

Elle renforcerait aussi ses fonds propres (Dexia a un core tier one ratio de 10,8%) et son actionnariat. Sa capitalisation passerait à 45 milliards d'euros. Le groupe Caisse des dépôts CNP se retrouverait avec environ 7% du capital comme les fondations belges qui contrôlent aujourd'hui 33% de Dexia. Mais c'est peut-être là que le bât blesse. Car il faudra convaincre les belges (l'Etat et les régions détiennent aussi 11% de Dexia) de laisser passer, après Fortis, une autre grande banque belge sous contrôle français. Même si Dexia, contrairement à sa concurrente, est officiellement franco-belge!

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