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Pernod Ricard déçoit
Décryptage
02/09/10 18h24 - Solenn Poullennec - spoullennec@wansquare.com

Les spiritueux du groupe ont beau séduire dans les pays émergents, les marchés européen et américain sont à la peine.


Pour une fois, Pernord Ricard n'a pas suscité l'ivresse. Le cours du deuxième groupe mondial de spiritueux a perdu plus de 2% à la Bourse de Paris aujourd'hui pour tomber à près de 61 euros, après la publication de ses résultats annuels. Malgré des signes très encourageants, l'entreprise continue d'affronter les mêmes démons : des marchés européen et américain plutôt moroses, auxquels il faut ajouter la forte volatilité des devises.

Le bilan des ventes n'est pas fameux. Elles sont en baisse de 2% à 7,08 milliards d'euros. Le groupe dirigé par Pierre Pringuet, pointe du doigt un "effet périmètre", notamment lié aux cessions de Wild Turkey, Tia Maria et Bisquit. Mais celui-ci n'explique pas tout. Les pays émergents ont beau faire preuve d'une soif quasi-inextinguible pour les alcools de Pernod, cela ne suffit pas à compenser la relative sobriété des européens - français mis à part - et des américains depuis le déclenchement de la crise.

Côté rentabilité, Pernod Ricard ne suprend pas non plus agréablement. Le taux de marge opérationnelle s'élève à 25,4% sur l'exercice contre 25,6% l'année dernière. L'un des responsables de cette légère dégradation n'est autre qu'Hugo Chavez, puisque la dévaluation du bolivar vénézuélien a pesé à hauteur de 58 millions d'euros sur le résultat.
 
Au total, le résultat net part du groupe atteint 951 millions d'euros, en progression de +1%, un niveau légèrement en dessous des prévisions de certains analystes. Quant à la dette, elle ressort en baisse de 3% sur un an à 10,58 milliards d'euros. Ce dont se félicite particulièrement le groupe.

Pernod Ricard reste muet sur ses objectifs de résultats pour l'exercice en cours. Il ne les dévoilera que lors de son assemblée générale du 10 novembre prochain. Après le malheureux épisode vénézuélien, le groupe table sur un "effet devises" plus favorable. Sans surprise, les pays émergents devraient continuer à être la locomotive du groupe. Le quatrième trimestre a vu les ventes reprendre progressivement aux Etats-Unis. Reste que l'activité ne s'est toujours pas redressée au Royaume-Uni, en Espagne en Irlande et en Grèce. Le groupe, qui mise sur l'effort publicitaire, continue d'insister sur sa stratégie de "prémiumisation". Ces marques "prémium" représentent 69% du chiffre d'affaires cette année contre 68%, l'année dernière.


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