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Altran patine
Décryptage
01/09/10 17h01 - Solenn Poullennec - spoullennec@wansquare.com

Le groupe, qui a subi de plein fouet la crise, ne cueille pas encore les fruits de ses restructurations.


Le leader français de l'ingénierie et du conseil en technologies n'est pas sorti d'affaire. En dépit des mesures de redressement prises, Altran a dévoilé une rentabilité très faible et des pertes toujours très lourdes. Malgré des signes d'améliorations, les perspectives du groupe restent plus qu'incertaines.

Les comptes d'Altran n'ont guère de quoi susciter l'enthousiasme. En témoigne, l'évolution du titre, qui perdait près de 0,6% à 2,9 euros cet après-midi. La marge opérationnelle courante s'est légèrement améliorée par rapport à l'année dernière à 2,5% contre 1,2%. Mais le résultat opérationnel reste dans le rouge à 12,9 millions d'euros (contre - 20,7 millions d'euros un an plus tôt). Quant aux pertes, elles se sont légèrement résorbées mais restent très élevées, à 27,9 millions d'euros (contre 30,2 millions l'année dernière).

La société, touchée de plein fouet par la crise du secteur automobile pour lequel elle travaille beaucoup, s'évertue pourtant à redresser la barre. Elle se targue d'avoir économisé 18 millions d'euros de charges opérationnelles sur cette première partie de l'année. Mais ces efforts sont pour l'instant contrecarrés par l'impact des restructurations. 601 collaborateurs quitteront l'entreprise au lieu des 500 provisionnés dans les comptes. A cela s'ajoute une dépréciation exceptionnelle des écarts d'acquisitions (14,6 millions d'euros).

Après avoir dû gérer de trop nombreuses acquisitions et les accusations de fraude à l'encontre de ses anciens dirigeants, le groupe dirigé par Yves de Chaisemartin, n'est pas près de redécoller.
 
Les perspectives présentées aujourd'hui sont d'ailleurs très prudentes. Certes, la société a vu les ventes reprendre en France sur le deuxième trimestre (+8%). Insistant sur les bénéfices de la réorganisation de ses activités présentée cet été, ses dirigeants tablent sur un "redressement graduel des activités à l'international", qui représentent près de la moitié de son chiffre d'affaires. Ils soulignent également le redressement du niveau de facturation du groupe (83% au T2 contre 77,6% il y a un an). Mais ils s'empressent de noter que "l'environnement concurrentiel reste difficile et les pressions tarifaires des clients continueront de peser à court terme".

Une progression significative du chiffre d'affaires sur la seconde partie de l'année paraît, dans ce cas, très improbable. Les analystes surveilleront donc de près la rentabilité. Tablant sur les derniers départs de collaborateurs et sur la poursuite des efforts de réduction des coûts indirects le groupe estime que "la marge d'exploitation devrait s'améliorer de manière significative au second semestre par rapport au premier". Pour l'année 2009, elle s'est élevée à 2,2%. Il paraît bien loin, le temps où Altran visait une marge entre 8 et 12% à l'horizon 2012. Plus que jamais, son concurrent Alten, pourtant beaucoup plus petit par le chiffre d'affaires, lui fait de l'ombre. La capitalisation boursière de ce dernier est passée à 646,28 millions d'euros contre 416,4 pour Altran.


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