Chris Viehbacher n'est pas homme à se laisser décourager par les difficultés. En annonçant les résultats du premier semestre 2010, marqué par la "générication" de plusieurs produits phare, il insiste plutôt sur la belle résistance du groupe et les formidables opportunités de l'avenir.
Il faut dire que Sanofi-Aventis a agréablement surpris le consensus, en publiant un chiffre d'affaires en hausse de 2,2% au premier semestre, même si les trois derniers mois ont accusé une légère baisse (-1,3%). C'est surtout le bénéfice net par action, qui a crû de 8% à 1,9 euro, qui a plu aux analystes.
Mais pour continuer à créer de la valeur pour les actionnaires, le premier groupe pharmaceutique européen doit affronter des défis conjoncturels et structurels sans précédent. Les autorisations ponctuelles de génériques d'une part, mais aussi la réforme du système de santé et les efforts de réductions des coûts dans l'Union Européenne, qui vont transformer le mode de consommation sur le long terme.
Devant ces menaces permanentes et les challenges stratégiques qui en découlent, le Dg de Sanofi-Aventis a depuis maintenant deux ans multiplié les initiatives sur tous les segments porteurs. De nombreuses acquisitions de petite et moyenne taille dans les pays émergents, qui ont encore porté la croissance du groupe au premier semestre (+25,9%), le développement du pôle santé animale ou encore la division de santé grand public (+53%).
Mais cela ne suffit pas, car les médicaments phare qui ont fait la fortune du groupe sont voués à tomber dans le domaine public, surtout aux Etats-Unis, plus enclins à autoriser les génériques. |
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Sanofi-Aventis ne peut donc plus se contenter de produire, mais doit de plus en plus inventer, créer. Sous peine que les investisseurs, qui ont déjà chahuté la valeur (le titre a perdu 17,2% depuis le début de l'année, soit le double du CAC), ne s'en écartent complètement.
C'est tout le sens du rapprochement envisagé avec Genzyme, la biotech américaine spécialisée dans les recherches sur les maladies rares. La fierté qu'a affiché ce matin Chris Viehbacher dans la division oncologie du groupe, et ses enjeux, portait déjà un message subliminal. Toute la question est maintenant de savoir quelle est la probabilité de voir ce deal aboutir. Selon les rumeurs, Sanofi-Aventis pourrait faire une offre valorisant Genzyme à 18,7 milliards de dollars. Soit près du haut de la fourchette de croissance externe qu'il s'est fixé. Cette offre, qui augmenterait significativement la dette nette s'élevant déjà à 6,1 milliards d'euros au 30 juin, aurait donc du mal à supporter une surenchère de la part d'un autre prédateur.
Genzyme représente pour Sanofi l'opportunité d'achever son tournant stratégique et de réaliser ses objectifs 2008-2013 (maintien des ventes et du bénéfice), en concluant une opération majeure. Reste à savoir si M. Viehbacher saura se montrer aussi visionnaire dans les gestes que dans la parole. |