Après la tempête, le beau temps. La chute de 66% du bénéfice net de Scor au premier trimestre à cause des tremblements de terre au Chili et en Haïti et de Xynthia a fait place à un rebond de 32% au deuxième trimestre. Le profit semestriel ne recule ainsi que de 15% à 156 millions d'euros.
Mais il en faut davantage pour séduire les investisseurs. Le titre Scor affiche ainsi un repli de 6,5% depuis le début de l'année, identique au CAC 40 mais supérieur à ceux de Munich Re (-0,9%) et Swiss Re (-2,8%). Pourtant, dans le même temps, la valeur de l'actif net a crû de 8% pour atteindre 4,2 milliards d'euros, soit 23,2 euros par action. Une évolution divergente, qui porte la décote du titre à 30%.
Plusieurs éléments expliquent cette anomalie, mais d'autres portent en germe de quoi la corriger. La stagnation du chiffre d'affaires au premier semestre résulte ainsi d'une politique délibérée de réduction des rentes indexées aux Etats-Unis. Sans cela, la croissance atteindrait 8%. D'ailleurs les renouvellements de traités en juillet ont affiché une hausse de 19%.
De même le ratio combiné en dommages atteint 102,8 au premier semestre, contre 97,5 l'an dernier. |
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Mais cette dégradation résulte des catastrophes du début de l'année. Hors cet élément, le ratio aurait baissé de 7,5 points et serait inférieur au niveau de 2009. Ce qui permet à Scor, sauf évènement exceptionnel au second semestre, de tabler sur un ratio inférieur à 100 sur l'ensemble de 2010, grâce au travail de réduction des coûts entrepris.
Enfin, si le rendement annualisé des fonds propres est tombé au niveau peu glorieux de 7,7% au premier semestre, c'est toujours à cause de l'impact des cat nat sur la rentabilité. Au deuxième trimestre il s'est ainsi considérablement amélioré pour atteindre 11,9% contre 10,5% en 2009, tutoyant la moyenne des meilleurs du secteur.
Scor, qui profite aussi de l'amélioration des marchés qui a multiplié par quatre le rendement de ses actifs financiers, a donc tous les atouts en main pour terminer l'année 2010 par le haut. Les investisseurs étant comme Saint Thomas, ils attendent peut être la confirmation des bonnes tendances au troisième trimestre pour réviser leur jugement et redonner au groupe dirigé par Denis Kessler la valorisation boursière qu'il mérite. |