Les résultats que France Telecom a annoncés ce matin ne sont pas formidables. Disons-le franchement. Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre est en baisse. La marge opérationnelle est également en recul, et inférieure aux prévisions de la plupart des analystes. Quant au cashflow organique, il est tout juste stable par rapport à celui enregistré au cours du premier semestre de l'année passée. Seule bonne nouvelle, l'endettement pharaonique de l'opérateur, qui représente 75 % de sa capitalisation boursière, a légèrement reculé.
Mais le plus curieux dans ces résultats tient au message du directeur général Stéphane Richard, qui les accompagnait. Après avoir tout misé sur le social, la qualité des relations humaines, la formation, "le contrat social avec les employés", lorsqu'il a présenté le mois dernier son plan "conquêtes 2015", il s'est aperçu qu'il avait laissé de côté les actionnaires.
On assiste donc aujourd'hui à un curieux retour de balancier qui se manifeste de deux manières. D'abord le versement d'un acompte sur dividende de 0,60 euro par action, qui sera distribué dés le 30 août prochain. Ensuite la garantie que le dividende dû sur les exercices 2010, 2011 et 2012 sera stable à 1,4 euro. |
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Ce qui, sur la base des cours d'hier, représente un rendement de 9,2 %, soit 6 fois la rémunération du Livret A.
C'est très bien de vouloir rémunérer correctement les actionnaires. C'est moins bien d'afficher cela dans un communiqué, un mois après le plan stratégique dans lequel les actionnaires étaient totalement oubliés. Mais le pire, c'est le message envoyé en interne, quand on sait que pour payer le dernier dividende, France Telecom a dû s'endetter.
Dans ce qu'annonce Stéphane Richard, il n'y a que du bon. Et la Bourse ne s'y trompe pas ce matin, avec une hausse de plus de 5 % du titre. Mais la manière de communiquer est catastrophique. Elle renvoie dos à dos les actionnaires et les salariés, alors que tous ont la même ambition : que l'entreprise se développe intelligemment et dans l'harmonie. Attribuer d'un côté 900 millions d'euros au social et garantir un rendement léonin aux actionnaires qui ont perdu 9 % de leur mise depuis le début de l'année, c'est séparer l'économique et le social. C'est réinventer une sorte de lutte des classes inutile et stérile, dont France Telecom ne sortira pas forcément gagnant. |