Le calendrier joue parfois en faveur des plus audacieux. Safran, qui a proposé il y a deux semaines un rapprochement industriel avec Zodiac pour lequel il s'est fait claquer la porte au nez, a depuis enchaîné les bonnes nouvelles.
Après le succès du salon de Farnborough, les résultats du premier semestre sont les dernières, qui apportent du grain à moudre au projet de Safran. Car le groupe issu de l'alliance entre Snecma et Sagem a publié des résultats de très bonne facture. Si le chiffre d'affaires reste à peu près stable sur un an (+0,9% à 5,1 milliards d'euros), la progression des marges est incontestable, témoignant d'une gestion solide et rigoureuse.
Le résultat opérationnel gagne plus de 23%, et se couple d'une véritable optimisation de la marge opérationnelle: celle-ci gagne 1,5 point, soit 8,3 % du chiffre d'affaires. Tout cela grâce à l'important programme de réductions de coûts mis en place par le groupe. L'exemplarité se poursuit jusqu'au bas du compte de résultat, le résultat net bondissant de 8% sur le semestre. Sur ces bases encourageantes, Safran a revu ses ambitions à la hausse sur le reste de l'année, même si la poursuite de la reprise et l'évolution du dollar sont encore incertains: des revenus stables et une marge opérationnelle proche de 8%.
A la mi-journée, le titre Safran flambait de 7,5% à la Bourse de Paris, les investisseurs saluant cette belle gestion. Cette récompense des marchés justifie encore davantage la démarche de Safran, qui a rencontré une rébellion aussi vigoureuse qu'exagérée de la part de son homologue coté, Zodiac. |
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Car l'intérêt d'un tel rapprochement est évident pour l'instigateur. D'une part, sa division d'équipements aéronautiques est celle qui a le moins bien performé sur les six premiers mois de l'année (-2,8%), donc une alliance permettant d'atteindre la taille critique apparait sensée selon lui.
D'autre part, Safran a tout à fait les moyens de ses ambitions: sa dette nette, qui s'élève à 575 millions d'euros à fin juin, ne représente que 16% des capitaux propres. Par ailleurs, le groupe a bien précisé bénéficier d'une trésorerie brute de 1,4 milliard d'euros, et de facilités de crédit non tirées pour 1,1 milliard d'euros. Il pourrait donc être en mesure de financer sans problème un rachat de Zodiac, même en payant une prime aux actionnaires.
Après avoir publié la semaine dernière une tribune véhémente dans les Echos, clamant qu'une telle fusion ne contribuerait à "améliorer ni la croissance ni la rentabilité de notre groupe" et que le projet offrait "des synergies commerciales, industrielles, technologiques extrêmement limitées", les dirigeants de Zodiac doivent maintenant prouver que le groupe peut, tout seul, faire mieux que Safran.
Un analyste de HSBC n'était pas quant à lui pas si optimiste, lui qui a dégradé la valeur après ces déclarations. Il juge le potentiel "limité" au niveau des fondamentaux et estime que Zodiac approche d'un haut de cycle. |