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Les fleurs et les fruits
Décryptage
28/07/10 10h22 - Renaud Belleville - rbelleville@wansquare.com

La récolte estivale de LVMH a tenu les promesses de l'embellie du printemps avec une croissance exponentielle des profits, grâce à la rigueur adoptée pendant la crise.


Bernard Arnault est un homme prudent quand il s'agit de son coeur de métier. Si ses diversifications dans la presse ou la distribution laissent parfois à désirer sur le plan financier, sa gestion du géant mondial du luxe est un modèle du genre.

Alors que la vigueur de la reprise de la croissance mondiale est encore emprunte d'incertitudes, LVMH a réalisé une excellente performance au premier semestre. Plus que le retour d'une croissance à deux chiffres des ventes de tous les métiers, c'est l'impact de cette reprise sur les profits qui est remarquable.

Certes, l'accélération de la hausse du chiffre d'affaires au deuxième trimestre par rapport au premier montre que le luxe est déjà entré dans l'après-crise. Mais une hausse de 15% après le plongeon de 2009 ne saurait suffire à contenter les investissseurs. C'est là qu'intervient la maestria de Bernard Arnault. Grâce à l'ampleur des mesures prises depuis deux ans pour faire face à une crise sans précédent, LVMH récolte des fruits qui font mieux que tenir les promesses des fleurs.

La marge opérationnelle du groupe gagne ainsi 2,5 points pour retrouver le niveau de 20% qu'elle connaissait avant la chute de Lehman Brothers. Couplée avec une hausse du chiffre d'affaires de 15%, cela permet au bénéfice opérationnel de monter de 33%.
 
Et si la locomotive Vuitton tire toujours l'ensemble, les retardataires de la rentabilité ne sont pas en reste.

Les montres et la joaillerie, le plus petit des métiers (5% des ventes) voit ainsi son résultat opérationnel s'envoler de 145% grâce à une hausse du chiffre d'affaires de 28%, ce qui se traduit par un quasi doublement de la marge à 11%. De même, les parfums et cosmétiques (15% des ventes) voient leur profit monter de 50% avec une hausse du chiffre d'affaires de 12%, ce qui permet d'accroître de moitié la marge à 13%.

Cette reprise des métiers périphériques donne davatange de cohérence au groupe. Comme par ailleurs la rigueur s'est traduite par une baisse de l'endettement qui ne représente plus que 16% des fonds propres, LVMH est bien armé pour se lancer, le cas échéant, dans de nouvelles opérations de croissance. Nul doute que Bernard Arnault ne le fera qu'avec prudence pour maintenir l'aura du leader mondial du luxe, qui surperforme le CAC 40 de 26% depuis le début 2010 et de 43% en un an. Des chiffres inférieurs à Hermès mais équivalents à ceux de PPR. Là où Louis Vuitton triomphe de Gucci, c'est qu'il a effacé la crise boursière en gagnant 17% sur trois ans, alors que PPR est encore en recul de 18% sur cette période.
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