Depuis le début de la matinée le groupe Danone, qui pesait hier encore plus de 30 milliards d'euros, a vu sa capitalisation boursière chuter de 1,3 milliard. Et tout cela, dans un marché pourtant bien orienté à la hausse, et surtout malgré la publication de résultats semestriels plutôt bien appréciés par les analystes financiers.
Qu'on en juge ! Le chiffre d'affaires marque une progression de 7 % sur les six premiers mois de l'année. Les volumes vendus sont en hausse de près de 10 %, car Danone fait baisser ses prix fortement depuis un an, dans le domaine des produits laitiers. La marge opérationnelle courante est certes en légère baisse, mais le groupe indique que sur l'ensemble de l'année il n'y aura pas de dégradation. De la même manière, les dirigeants ont relevé leur guidance sur la croissance organique annuelle, en la portant autour de 6 %.
Bref, il n'y a à priori, dans ces comptes intérimaires, pas de quoi faire pleurer dans les chaumières, ni angoisser les veuves de Carpentras. Sauf deux éléments que certains hedge funds contactés par WanSquare ne semblent pas apprécier. Le premier est d'ordre conjoncturel. Si Danone sera en mesure de maintenir sa marge cette année, en dépit d'une forte croissance organique, c'est en raison d'un programme d'économies portant sur 500 millions d'euros et la forte baisse de ses dépenses publi-promotionnelles. |
|
Autrement dit, le groupe assure ses résultats à court terme, mais pénalise sa stratégie à long terme. Ce qui n'est jamais très bon.
Le second élément est d'ordre structurel. Depuis cinq ans environ, Danone se présente comme un groupe qui apporte "le bien-être (entendez : la santé) par l'alimentation". Joli slogan, belle ambition, positionnement novateur. Sauf que depuis quelques mois, le groupe dirigé par Franck Riboud a quelques soucis avec les autorités sanitaires européennes, qui ne voient pas vraiment le lien entre les qualités des produits Danone et les avantages "para-médicaux" vendus au public. Cela n'empêche pas l'activité nutrition médicale d'afficher une croissance du chiffre d'affaires supérieure à 10%, et le taux de marge le plus élevé du groupe. Mais cela pose un vrai problème stratégique sur l'ambition que s'était fixée Danone.
Ces deux éléments expliquent la sanction, sans doute excessive, dont le titre fait l'objet aujourd'hui. Ils doivent amener Franck Riboud à reconsidérer l'ensemble de la communication de son groupe, et peut être la stratégie mondiale à long terme. |