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Les banques françaises résistantes
Décryptage
26/07/10 18h22 - Solenn Poullennec - spoullennec@wansquare.com

Plusieurs facteurs expliquent la résistance des banques françaises, révélée par les stress tests.


Alors que l'exposition des banques françaises au risque souverain, notamment grec, avait agité les marchés au printemps, les stress tests ont de quoi rassurer les investisseurs, partiellement.

Même si elle ne bénéficient plus d'aucun soutien public (à l'exception de BPCE), les banques françaises mises à l'épreuve ont réussi les tests, avec un ratio de fonds propres, dans le pire de scénario, bien supérieur aux 6% exigés. L'application des hypothèses les plus pessimistes leur ferait donc perdre entre 0,5 et 0,7 point de ratio Tier 1 par rapport à 2009. La Société Générale s'affiche comme l'établissement le plus résistant (10%), suivie de près par BNP Paribas (9,6%), Crédit Agricole (9%) et BPCE (8,5%). Si le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer estime que "les banques françaises sont parmi les plus solides d'Europe", ces résultats sont exactement dans la moyenne des 91 banques, avec un ratio moyen de 9,2%.

L'Autorité de Contrôle Prudentiel avance trois caractéristiques pour expliquer cette résistance. D'abord, la bonne tenue des revenus, grâce à leur activité de transformation, une politique actif-passif prudente et une maîtrise des frais généraux. Et l'autorité d'y voir une nouvelle preuve de l'intérêt de la banque universelle. Deuxième facteur de résilience: une exposition maîtrisée au crédit immobilier domestique, notamment grâce au système d'adossement des prêts à la capacité de remboursement des ménages, et non pas à la valeur des biens achetés comme aux Etats-Unis.
 

Enfin, le portefeuille de titres étatiques des banques s'avère plutôt diversifié, ce qui limite l'impact d'un choc souverain. L'exposition au risque souverain des quatre établissements représente 235 milliards d'euros, mais seule 16% de cette somme se voit appliquer une décote supérieure à 10% dans le scénario établi par le Comité Européen des Superviseurs de Banques (CEBS). D'après les tests, BNP Paribas (avec 4,9 milliards d'euros de titres grecs) est la plus exposée, suivie du Crédit Agricole et de la Société Générale. "Des résultats encourageants" selon les analystes d'UBS, qui notent par ailleurs que "les banques françaises sont en train de réduire davantage leur exposition souveraine", en étant les plus gros vendeurs de titres de la zone en mai.

Certes, les experts continuent de remettre en doute les hypothèses qui ont servi de base à l'exercice. Outre des scénarios macroéconomiques jugés parfois trop optimistes, beaucoup regrettent ainsi que le CEBS ait seulement soumis aux tests la dette publique détenue dans le portefeuille de crédit, et pas celle qui se trouve dans le portefeuille de négociations. Reste que les données publiées vendredi sont plus étoffées que celles des stress tests de 2009. De quoi permettre aux analystes d'établir leurs propres calculs en fonction de leurs propres scénarios. Pour le moment les investisseurs semblaient convaincus, comme en témoigne la remontée des valeurs bancaires à la Bourse de Paris.
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