Les résultats annuels de Microsoft, publiés hier soir, ne sont pas seulement bons ; ils sont excellents. Le chiffre d'affaires affiche une progression de 6,7 % à 62,5 milliards de dollars. Quant au résultat net, il s'élève à 18,8 milliards, en amélioration de 30 %. Ce qui correspond à une marge nette de près de 25 %. Qui pourrait dire mieux ?
Il n'empêche que l'action du groupe créé par Bill Gates et désormais dirigé par Steve Ballmer ne fait plus recette. Le problème, ce ne sont ni ses perspectives, ni ses performances, mais son statut. Pendant deux décennies, presque trois, Microsoft a été l'exemple même de la valeur de croissance. Celle dont le chiffre d'affaires progressait systématiquement à deux chiffres. Celle qui, à force de croissance organique ou de croissance externe, avait créé de fait une sorte d'oligopole, couvrant plus de 90 % des ventes de systèmes d'exploitation.
La valeur pouvait se payer cher à la Bourse de New York, puisque la croissance était toujours au rendez-vous. |
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Le problème aujourd'hui, c'est d'une part, que cette croissance commence à s'essoufler, même si elle peut encore faire envie. Et d'autre part, des groupes aussi dynamiques, aussi rentables et aussi détonnants que le Microsoft de Bill Gates, on en trouve d'autres, notamment Apple, qui à force de réinvention a désormais dépassé Microsoft en termes de capitalisation boursière, ou Google, qui est le modèle de la nouvelle valeur de croissance, allant défricher toutes les nouvelles technologies, tous les nouveaux champs du possible.
Certes, Microsoft reste une entreprise très rentable, dotée d'une importante trésorerie. Mais les actionnaires ont davantage besoin de rêve et de perspectives à long terme que d'un coffre-fort bien rempli.
Face à ce défi qui s'impose à lui, Steve Ballmer ne pourra pas éviter à un moment ou à un autre une importante remise en cause. Sous peine de faire de Microsoft, un géant aux pieds d'argile. |