Même si Unibail-Rodamco figure parmi les principaux indices français et européens, la société est encore trop mal connue du grand public. Alors qu'elle accueille chaque année dans ses centres commerciaux, comme les Quatre Temps ou le Carrousel du Louvre, des millions de visiteurs. Beaucoup l'imaginent comme une simple valeur foncière, alors qu'il s'agit d'un groupe de services, disposant notamment de bases de données uniques au monde, en termes de marketing et de consommation, remises à jour en permanence.
Hier soir, le groupe que dirige l'ancien banquier Guillaume Poitrinal a annoncé à la fois un résultat semestriel de 429 millions d'euros, quasi-stable par rapport à celui de la période correspondante de l'exercice précédent, et une valeur d'actif net réévalué de 131 euros par action, en progression de 2,2 % par rapport à ce qu'elle était il y a six mois.
Mais surtout, il a surpris son monde en annonçant qu'il allait distribuer à l'ensemble de ses actionnaires, si l'assemblée l'y autorise, un montant de 20 euros par action, qui sera alors mis en paiement le 12 octobre prochain. Ce montant, qui correspond au total à un décaissement de 1,8 milliard d'euros, représente l'équivalent des cessions (nettes des acquisitions) réalisées depuis 2007. C'est bien de l'argent qui appartient aux actionnaires et qui va revenir dans leur poche. |
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L'idée n'est pas banale. Elle ne correspond pas, contrairement à ce qu'imaginent certains, à une manière de flatter l'actionnaire individuel, et de lui montrer une certaine souplesse dans la gestion des fonds propres. Non, car cet argent, Unibail, qui bénéficie d'une excellente notation, va l'emprunter pour le reverser aux actionnaires. Ce n'est donc pas le reversement d'un trop perçu, mais plutôt une allocation très fine des capitaux employés, qui consiste à comparer le coût de l'argent actuellement disponible et le coût du capital.
Unibail-Rodamco fait en quelque sorte exactement l'inverse de ce que GDF Suez prépare avec International Power, en préférant lever de l'argent à des taux historiquement bas et à réduire sa base de capital qui se fait trop coûteuse. En principe, le calcul est gagnant deux fois pour les actionnaires, puisqu'il vont toucher un gros coupon, et qu'ils vont voir la valeur actionnariale d'Unibail progresser. Sauf en cas de déflation. Car à ce moment là , les actifs réels de la foncière perdraient de leur valeur et la dette conserverait tout son poids. C'est la raison pour laquelle dans cette décision purement financière, il y a tout de même une bonne part d'audace... ou de confiance. |