Comme Christine Lagarde a été invitée il y a un peu plus d'un mois à participer aux travaux du Conseil des ministres du gouvernement allemand, aujourd'hui c'est son homologue qui s'installera dans le Salon Murat de l'Elysée, pour regarder de quelle manière fonctionne la collégialité gouvernementale à la française, mais aussi, sans doute, pour exprimer un certain nombre de points de vue.
Dès ce matin, dans le quotidien Les Echos, il a livré un certain nombre de réflexions dans un langage très diplomatique, afin de ne pas être accueilli ensuite à l'Elysée en donneur de leçons. Il est revenu naturellement sur la rigueur, répétant ce que nous savons déjà tous : c'est-à -dire qu'un peu de rigueur ne peut pas faire de mal à la croissance, bien au contraire.
Mais le plus intéressant dans les propos tenus par le grand argentier allemand réside dans son constat sur la situation de l'emploi. L'invité de Nicolas Sarkozy ce matin, rappelle que le chômage ne s'est pas dégradé, dans son pays, pendant toute la crise. Ce qui signifie qu'il y a des réformes structurelles qui sont toujours bonnes à mener, faisant allusion aux lois Harz I, II, III, et IV qui ont fortement fluidifié le marché du travail outre-Rhin, mais qui ont aussi raboté les droits servis aux chômeurs, misant tout sur la reprise d'une activité. |
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Ce que ne dit pas le ministre allemand de l'économie, et que Jean-Claude Trichet a récemment confié à l'auteur de ces lignes, c'est que même le chômage des jeunes n'est plus un problème en Allemagne. Le taux d'inactivité des primo-accédants sur le marché du travail est comparable au taux de chômage national, alors que dans l'Hexagone, il est maintenant de 24 %.
Cet exemple-là montre qu'il n'y a pas un modèle allemand qui doit s'imposer à toute la zone euro, comme tente de le faire croire quelquefois de façon maladroite Angela Merkel, mais qu'il y a de très bons exemples de réformes, menées la plupart du temps lors du second mandat de Gerhard Schröder. Autant de pistes que la France serait bien avisée de suivre, même à moins de deux ans d'une élection majeure. |