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La porte étroite de GDF Suez

Décryptage
20/07/10 17h08 - Yves de Kerdrel - ydekerdrel@wansquare.com

Le groupe français ne veut pas débourser de cash pour prendre le contrôle d'International Power. Ce n'est pas forcément un bon calcul.


Gérard Mestrallet a toujours mis un point d'honneur à faire des opérations de croissance externe qui respectaient deux critères précis. Primo, uniquement des opérations amicales ou sollicitées. Secundo, ne jamais mobiliser du cash, et payer en titres. Jusqu'ici cet alpha et cet oméga ont toujours réussi à GDF Suez, même si dans le rapprochement avec GDF, cela a posé quelques problèmes.

Dans le cas soulevé par International Power, cette règle d'or oblige les six banquiers mobilisés pour l'opération à faire "les pieds au mur". Puisqu'il faut trouver dans les activités électriques de GDF Suez les éléments précis qui pourraient être apportés au britannique afin que le groupe présidé par Gérard Mestrallet obtienne la majorité. Et cela ne suffit pas évidemment, car les actionnaires d'International Power n'ont pas envie de "regarder passer le train". C'est la raison pour laquelle il est envisagé la distribution d'un dividende exceptionnel par l'énergéticien britannique.

De la sorte GDF Suez pourrait effectivement voir sa production d'électricité passer à 100.000 mégawatts sans sortir le moindre euro de sa poche, en réalisant même l'exploit d'apporter à sa future fiancée britannique quelques dettes en déduction des actifs industriels logés dans International Power.
 

Il se peut que les britanniques acceptent ce deal sans broncher, en demandant tout de même que GDF Suez paye cher la prime de contrôle. Il se peut que les banquiers, qui sont grassement payés pour cela, trouvent la porte étroite pour faire cette opération.

Mais l'actionnaire de GDF Suez, qui n'a pas son mot à dire dans l'opération, pourrait, lui, s'étonner que le groupe manie le capital avec plus de dextérité que la dette, à un moment où le coût de celle-ci est bien inférieur au coût du capital. Et comme ce facteur est déterminant dans le calcul de la création de valeur actionnariale, il n'est pas certain que la voie utilisée par le groupe français soit la plus intéressante pour ses propres actionnaires.

Les discussions ne font certes que débuter, mais le temps aidant, et l'appétit des britanniques grossissant, il faut souhaiter que GDF Suez retrouve à un moment les vertus de la dette, pour une opération qui s'annonce structurante.


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