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GDF Suez remet le couvert

Décryptage
19/07/10 10h42 - Renaud Belleville - rbelleville@wansquare.com

Le groupe a repris ses discussions avec le britannique International Power pour aboutir à un doublement de sa taille hors d'Europe continentale, sans bourse délier.


Quand on a identifié une belle cible, on n'hésite pas à s'y reprendre plusieurs fois pour se l'offrir. C'est ce que font les dirigeants de GDF Suez avec International Power. Les discussions en vue d'un rapprochement menées depuis plusieurs mois avaient été interrompues mi-janvier car les fuites dans la presse et la législation boursière britannique l'imposaient, faute d'un accord à chaud impossible à conclure dans de bonnes conditions à l'époque.

L'agitation étant retombée et les données objectives laissant toujours entrevoir un rapprochement gagnant-gagnant, les deux parties ont pu reprendre leurs discussions avec de meilleures chances d'aboutir dans la sérénité.

Le projet permet en effet à GDF Suez d'effectuer une grosse opération de croissance externe sans bourse délier et sans émettre de titres, ce que la présence "statutaire" de l'Etat à 34% dans son capital empêche. En apportant les actifs non européens de sa filiale GDF Suez Energie International plus des actifs britanniques et turcs, le groupe présidé par Gérard Mestrallet, payé en actions International Power, obtiendrait la majorité du capital du britannique.

Le pôle apporté par GDF Suez représente en effet une capacité de production d'électricté d'environ 30.
 
000 MW alors qu'IP a une capacité de 33.000 MW mais un endettement d'environ 6 milliards d'euros. Le montant de la dette apportée parallèlement par la fiilale du groupe franco-belge permet ainsi de placer le curseur au niveau souhaité.

Pour le producteur britannique essentiellement présent au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Australie, l'opération permet de doubler de taille en se diversifiant sensiblement en Amérique Latine, en Asie et au Moyen Orient, sans dépenser un penny, tout en restant coté à la bourse de Londres et en rejoignant un géant mondial.

Pour le français, l'intérêt est identique mais encore plus appréciable puisque c'est lui l'apporteur et qu'il se retrouve donc avec le contrôle majoritaire de l'ensemble. En outre, comme l'opération se traite au niveau d'une filiale non cotée, GDF Suez évite le désagrément dû à la baisse de son titre de 15% en six mois, alors que parallèlement celui d'Internatiional Power progresse de 10%, ce qui porte l'écart à 25%. Et, en tout état de cause, au cours actuel le britannique ne se paye qu'environ 10 fois le bénéfice réalisé en 2009, avec une prime modeste de 10% sur la valeur de son actif net.

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